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News | manga
Le 24/10/10 à 13:26 par La Rédaction

Karl Marx en manga !

En novembre, les éditions Soleil vont inaugurer une nouvelle collection intitulée "Manga Classiques".

On imagine donc aisément ce qu'on trouvera dans cette thématique, mais pour débuter, l'éditeur annonce un titre choc : Le Capital qui n'est autre qu'une adaptation du célèbre livre du philosophe et économiste Karl Marx !

En fait, ce manga a été publié au Japon dans le cadre d'une collection intitulée "Manga de Dokuha" visant à faire redécouvrir de grandes œuvres de la littérature classique. En les adaptant en manga, l'éditeur East Press souhaitait ainsi sensibiliser les jeunes.

Mais pas question ici de s'intéresser à Princesse Sarah ou Tom Sawyer. On y trouve plutôt des livres de Stendhal (Le Rouge et le Noir), Kafka (La Métamorphose), Saint-Exupéry (Vol de nuit), etc.

Les œuvres choisies sont même souvent à caractère social et révélatrices d'une époque, à l'image de celle de Marx ou de La Déchéance d'un homme d'Osamu Dazai, l'un des quatre manga publiés en juillet dernier en français sur iPhone par YouToo, également issu de cette collection.

L'éditeur a par ailleurs suscité la polémique au Japon car il a été jusqu'à adapter Mein Kampf, le livre autobiographique de Hitler dont la publication reste interdite dans de nombreux pays !

Le manga Le Capital compte deux tomes, adaptés des ouvrages écrits à la fin du XIXe siècle par Karl Marx et Friedrich Engels. Le premier est prévu fin novembre chez Soleil.


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Source : Communiqué Soleil Manga

 
14commentaires
  • 1. Le 24/10/2010 à 18:29 par onishiro

    C'est les coco qui vont etre heureux ! lolCa peut etre interessant faut voir en tout cas "Mein Kampf" si il a déja eu des polémiques au Japon en France c'est meme pas la peine avec les associations juifs ca serait la galére !

     
  • 2. Le 25/10/2010 à 11:00 par Guilhem

    En tous cas, l'époque se prête à la publication de ce genre d'œuvre (crise du capitalisme, retour aux fondamentaux culturels, toussa...), et puis ça permettra de donner une autre image de la culture manga en montrant qu'elle n'est pas insensible aux productions classiques d'autres civilisations que la sienne (avec un peu de chance, les "vieux cons" commenceront à la voir d'un autre œil) : j'approuve donc l'initiative

     
  • 3. Le 25/10/2010 à 12:45 par Baklael

    Humpf.

    Sujet sensible. Et qui touche à beaucoup de questions.

    La situation de Mein Kampf en France par exemple est particulière. Le livre tombe sous le coup de la loi et ne devrait normalement pas être publié. Mais, devant l'intérêt historique qu'il représente il est toléré par la loi (à condition d'être précédé de huit pages de remise en contexte).

    Un manga qui reprendrait les mêmes propos ne pourrait être autorisé en France. Et à vrai dire même sans l'aspect juridique, je serai particulièrement mécontent de voir le manga de Mein Kampf arriver dans nos contrées. Rien n'est pire qu'une demi-vérité. Je n'ai pas lu Mein Kampf, mais si je devais le faire ce serait intégralement et je ne me contenterai certainement pas du point de vue d'un individu sur le bouquin.

    Je vais reproduire ci dessous ce qui me semble être le meilleur plaidoyer envers le rejet du manga et la conservation à tout prix du texte intégral, à savoir l'explication que donna le premier traducteur français de Mein Kampf sur les raisons qui le poussèrent à traduire Mein Kampf :

    Citation (André Calmettes. Citation copiée sur Wikipédia)
    « Je n’ai pas traduit Mein Kampf sans but ni raison. Ce pensum de huit cent pages, je me le suis infligé de bon cœur pour les miens et pour mes amis, mais aussi pour tous les hommes et pour toutes des femmes de bonne volonté, surtout pour les jeunes.

    Je n’ai pas l’intention d’indiquer ici les conclusions que chacun doit tirer du livre ; autrement je l’aurais analysé et commenté, non pas traduit. Mais il ne me convient pas de laisser à la critique seule le soin de présenter mon travail ; je ne veux pas de malentendu sur mes intentions, ni les choisir après parmi toutes celles que l’on me prêtera.

    Certes, cet ouvrage qui fut livré au public allemand en 1926-1928 jette une clarté singulière sur la politique allemande de l’après-guerre. En l’ignorant, nous satisfaisant de manière bien facile de révélations au compte-gouttes, nous étions ridicules et stupides ; nous découvrions des fragments minimes d’une vérité que l’on nous jetait au visage en huit cents pages serrées. Certes aussi, les prophéties de cet ouvrage engagent l’avenir. La doctrine d’action politique, complaisamment développée, demeure actuelle. Le livre constitue le dogme du parti qui mène l’Allemagne actuelle, dogme d’une agissante majorité, dogme demain de l’Allemagne entière. Je dis bien dogme, et je pense au Coran.

    Mais il faut bien se garder de restreindre la portée du présent ouvrage. Il ne faut pas suivre Hitler polémiste qui dit quelque part d’un livre qu’il juge révélateur de l’esprit des juifs : « quand cet ouvrage sera devenu le livre de chevet d’un peuple, le péril Juif sera conjuré ». Il ne faut pas lire Mein Kampf en se plaçant au point de vue d’un « péril allemand » ou au point de vue de notre seule mitoyenneté.

    Il faut se mettre sur un plan largement humain. L’ouvrage même autorise à le faire. Il s’agit d’un document ample, tiré à près d’un million d’exemplaires en Allemagne, traduit dans plusieurs pays. Il a été écrit par un Allemand pour les Allemands, mais il touche des problèmes politiques, sociaux, et de morale, qui se posent à tous les peuples. La traduction en est intégrale : on n’a pas le droit, sur quinze ou sur cent versets du Coran, de parler de l’islamisme, ni, sur dix pages de Mein Kampf de parler de l’hitlérisme ; et la lecture des passages secondaires sera aussi féconde que celle des passages réputés essentiels.

    Ainsi lu, cet ouvrage aidera à pénétrer la mentalité allemande, une des faces de cette mentalité anglo-saxonne que nous ne daignons pas étudier et comprendre, mais dont nous ne pouvons nous défendre de subir les manifestations ; attitude bornée et dangereuse : que l’on apprécie ce que nous a coûté depuis quinze ans notre incompréhension de l’Angleterre, des États-Unis, de l’Allemagne.

    Mon travail aurait atteint son but dernier s’il tournait les Français vers ce problème.
    Mais on me parlera de la guerre : elle naît bien souvent de l’avidité de quelques-uns et de la peur d’une multitude ; elle ne saurait trouver de terrain plus favorable que celui de l’ignorance et de l’incompréhension mutuelles que j’ai voulu combattre. »

    — André Calmettes, Journal de l'École polytechnique, 25 février 1934.


    Concernant Le Capital... Je ne sais pas, ça sent la grosse bouffonnerie, tout ça. Un manga pour un traité d'économie et de philosophie ? Alors que les mots y sont extrêmement importants ? Je ne vois vraiment pas la dedans quelque chose qui pourra donner une respectabilité au manga... Au contraire deux tomes de bande dessinée avec une narration qui prend un point de vue complètement différent du livre de Marx (la "lutte" entre deux jeunes hommes... ) ne pourront que faire froncer les sourcils à ceux qui estiment qu'un livre qui a tellement pesé sur l'humanité a le droit à un autre traitement.

    Autant j'aurais été heureux de lire un manga qui parle de lutte sociale en s'inspirant des travaux de Marx et qui se situerait au XIXe siècle autant titrer son manga "LE CAPITAL" et prétendre adapter le livre en un manga c'est de la fumisterie et ça sent surtout la volonté de surfer sur un nouveau marché...

     
  • 4. Le 25/10/2010 à 14:11 par Lord Yupa

    Je suis bien d'accord avec Baklael : en manga, on risque la caricature, puisque l'image dessinée ne peut rendre in extenso un discours dans toute son articulation. Au Japon, ces deux auteurs (Marx et Hitler) sont compris d'une manière "japonaise", en fonction de cette culture, qui est loin de leur donner l'énorme impact qu'ils ont ici. Autrement dit, des approximations ne seraient pas là-bas considérées comme insupportables.
    "Mein Kampf" fut longtemps interdit en France, comme dans de nombreux pays, mais le très populaire (pour ne pas dire populiste) Chirac l'a autorisé, en 2003 je crois. Je l'ai eu en main et en ai lu pas mal, à cause de mes travaux personnels. Ouvrage trèèèès dangereux pour les jeunes à mon avis, ne croyez pas en effet que Hitler ne savait pas comment on motive les gens, et la suite l'a bien montré !!

     
  • 5. Le 25/10/2010 à 21:08 par onishiro

    C'est vrai qu'Hitler avait un grand pouvoir de persuasion oralement et j'imagine a l'écrit aussi, n'empeche je serais bien interessé de lire "Mein Kampf" aprés il y a une légende urbaine autour comme quoi pour le lire il faut pas de casier judiciaire ou des trucs comme ça ! Je sais pas si c''st vrai mais j'ai toujours entendu ça.

     
  • 6. Le 25/10/2010 à 21:26 par Baklael

    Citation (onishiro @ 25/10/2010, 21:08)
    il y a une légende urbaine autour comme quoi pour le lire il faut pas de casier judiciaire ou des trucs comme ça ! Je sais pas si c''st vrai mais j'ai toujours entendu ça.

    Fort heureusement, c'est faux.

    (Un pays qui priverait d'instruction ceux qui ont été condamnés par la justice... Brrrr)

    On peut tout à fait commander Mein Kampf au libraire du coin. (Depuis un arrêt d'une cour d'appel datant de 1979 d'après Wikipédia qui cite ses sources, à savoir la première page du bouquin !)

     
  • 7. Le 25/10/2010 à 21:51 par gexian

    Personnellement, je serai curieuse de le lire le Mein Kampf, mais mettre des tunes pour l'acheter, psychologiquement je peux pas.

     
  • 8. Le 25/10/2010 à 22:49 par Baklael

    Citation (gexian @ 25/10/2010, 21:51)
    Personnellement, je serai curieuse de le lire le Mein Kampf, mais mettre des tunes pour l'acheter, psychologiquement je peux pas.

    L'argent n'ira pas à sa famille. Il me semble que c'est une région allemande qui est l'ayant droit... (je peux me tromper) Mais c'est vrai que les éditeurs gagnent de l'argent dessus (enfin, peut être, si j'étais éditeur je m'arrangerai pour reverser les bénéfices à une association sérieuse de lutte contre les discriminations. Mais je préfère partir du principe que les affaires sont les affaires et que certains pensent avoir le droit de faire du bénéfice sur un texte comme celui là.) du coup je pense que l'emprunter est plus raisonnable. Il doit y en avoir en bibliothèque.

     
  • 9. Le 25/10/2010 à 23:36 par Natth

    J'avais eu l'occasion de lire des passages. Pour tout dire... Qu'est-ce que c'est ennuyeux !
    Des faits plus ou moins douteux alignés les uns après les autres, des idées qui se succèdent sans réflexion derrière, un style plus plat qu'un mode d'emploi... Bref, j'avais vraiment l'impression de me retrouver devant de la propagande de bas niveau. Malheureusement, l'aspect simpliste de cette prose pouvait rendre l'ouvrage plus séduisant qu'une réflexion politique demandant l'usage intensif de son cerveau.

     
  • 10. Le 26/10/2010 à 10:20 par Nicolas Penedo

    Pierre Assouline, éditeur, soulignait il y a quelques années que Mein Kampf étant trouvable partout, à commencer par le net, il serait bon d'en proposer une édition critique commentée, de façon à ce que les lecteurs puissent avoir la vérité et pas les délires de l'auteur.

    Quant aux relations BD/philo, je ne suis pas d'accord : la récente traduction de Super Philo (http://www.milady.fr/graphics/livres/view/super-philo) prouve au contraire qu'on peut manier les deux. En une poignée de pages, on comprend Augustin ou Nietzsche. On n'en n'a évidemment qu'une version hyper condensée mais les auteurs sont très doués.

    Quant à la remarque de Yupa sur la lecture japonaise de Marx ou Hitler, il a bien sûr raison, mais c'est idem en France. Heidegger, par exemple, ou Freud, ne sont pas lus de la même manière en Allemagne ou en France et chaque pays pratique une psychanalyse qui a sa spécificité.

     
  • 11. Le 26/10/2010 à 20:22 par onishiro

    @Baklael : Ouais c'est sur encore une légende urbaine bidon lol

     
  • 12. Le 26/10/2010 à 22:09 par Lord Yupa

    Le Mein Kampf a bel et bien été interdit en France, sauf bien sûr si l'on commandait une édition en Belgique, où l'on pouvait avoir la traduction de Calmettes de 1934. D'ailleurs il est autorisé désormais, mais pas à l'exposition en rayon, ni en vitrine, il faut le demander aux vendeurs des librairies (ce qu'a été obligé de faire un ami en 2004, toute une histoire marrante, mais trop long!). Il y a des degrés dans les autorisations, et ça n'est pas plus mal. Le manga risque de suivre la même voie (?).
    Le livre est en style oratoire et peu restituable en images dans ses ruses rhétoriques (tant mieux).
    Pour Le Capital de Marx, ça me paraît techniquement plus faisable en manga, car l'ouvrage est souvent descriptif, lui. J'espère une forte diffusion, comme cela les jeunes s'apercevront que Marx a justifié la dictature du prolétariat, donc tout dictateur Théoricien et Gardien de la doctrine, et qu'il a condamné expressément la notion même de liberté individuelle comme "simple concept bourgeois autorisant l'exploitation de l'Homme par l'Homme". C'est clair. Rien ne prouve qu'il aurait critiqué Staline, Brejnev, Mao, Ulbricht, Gomulka, Ceocescu, Hodja, Castro, ou même Pol Pot, qui tous ne lisaient que lui !

     
  • 13. Le 26/10/2010 à 22:36 par Baklael

    Citation (Lord Yupa @ 26/10/2010, 22:09)
    Pour Le Capital de Marx, ça me paraît techniquement plus faisable en manga, car l'ouvrage est souvent descriptif, lui. J'espère une forte diffusion, comme cela les jeunes s'apercevront que Marx a justifié la dictature du prolétariat, donc tout dictateur Théoricien et Gardien de la doctrine, et qu'il a condamné expressément la notion même de liberté individuelle comme "simple concept bourgeois autorisant l'exploitation de l'Homme par l'Homme". C'est clair. Rien ne prouve qu'il aurait critiqué Staline, Brejnev, Mao, Ulbricht, Gomulka, Ceocescu, Hodja, Castro, ou même Pol Pot, qui tous ne lisaient que lui !

    Si j'en crois la fiche d'AL sur ce titre, Le Capital version manga est la "confrontation" entre deux jeunes aux idées opposées.

    J'ai peur que ce soit source d'un manichéisme peut ragoutant. Ce n'est pas nécessaire, mais ça me semble tout même assez probable.

    Il faudra que le lise Marx un de ces jours, mais il y a une faille dans ce que tu viens d'asséner : Staline, Mao et tout le joli monde que tu nous as cité n'ont jamais appliqué le communisme à eux même. Ce n'était pas la dictature du prolétariat sous leur règne c'était celle du PC. Et je suis désolé, mais ce n'est pas la même chose. A partir du moment ou la classe dirigeante dispose d'avantages importants sur la population on s'éloigne fortement du modèle communiste, non ? Et il me semble que cela aurait pu être critiqué par Marx même s'il avait justifié les massacres (ce dont on ne peut pas avoir la preuve)

     
  • 14. Le 26/10/2010 à 23:19 par Lord Yupa

    Et qu'est-ce qu'on lisait et apprenait en classe dans tous les pays communistes, sinon Marx ? et qui a signé le "Manifeste du Parti Communiste" ? et tous les dirigeants communistes seraient alors des traîtres ou des abrutis ne sachant pas lire ? excuse-moi, mais arrête de lire des journaux de pure propagande qui te mentent pour d'évidentes raisons, lis les vrais auteurs. Le Parti gouvernait dans tous ces pays, mais ce n'était pas une "classe sociale", et le but était bel et bien que seul il gouverne, avec certains avantages qui ne restaurent pas le système économique capitaliste.
    Là où tu as raison c'est seulement pour certains cas extrêmes : la Corée du Nord par exemple a divinisé ses dictateurs, et de père en fils (!), et hiérarchise toute la population. La Chine non plus ne mérite plus l'appellation de "régime marxiste".

     

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