Frankenweenie

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Posté dans : Anime & Animation


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    Sharbett le #281688

    Or donc, quelques-uns d'entre nous assistèrent à une projection de Frankenweenie! C'était en VF, et contre toute attente, tout s'est bien passé, je vous remercie.

    Petit garçon ingénieux et intelligent, passionné de cinéma, Victor monte ses propres productions faites maison, avec Sparky, son chien, en guest-star. Hélas, un cruel accident le prive de son ami fidèle. Après un cours de science spectaculaire, il décide de faire appel à ladite science pour ramener son chien de l'au-delà…

    Ce film représente une gigantesque boîte à allusions, à références et à blagues. On dirait vraiment que Tim Burton s'amuse à blaguer avec le public en multipliant les allusions et les références: “Et ça, vous le reconnaissez, j'l'ai mis dans un film? Et ça, et ça, et ça? Ca, c'est pas de moi, mais tu connais, tu connais, tu l'as vu, hein? Tu vois d'où ça vient?” Et ça n'arrête jamais!

    Une chose m'a surprise dans ce film: dans ses récits de monstres, Burton oppose souvent le monstre, le paria, à la population proprette et correcte, les gens “ordinaires”. Edward contre la ville de bons bourgeois, les fantômes contre les snobs dans Beetlejuice… ici, l'exclusion est plaisamment renversée: les monstres, c'est tout le monde. Les voisins, les profs, les autres élèves… tout le monde fait peur, tout le monde paraît sortir d'un film ou d'un musée des horreurs, à l'exception des Frankenstein! 😉 😂 Victor est monstrueux dans le sens où il ne ressemble à personne et est donc un exclu, mais c'est aussi le seul à être “normal comme nous”.

    J'ai apprécié également, entre deux boutades visuelles, la petite réflexion à la place que nous laissons à la science et à la connaissance: plutôt maigre, ce qui fait de nous des créatures primitives en dépit de nos technologies. Nous profitons du progrès, mais nous restons bêtes, ignorants et peureux, incapables de comprendre notre prochain ni notre monde.

    Je n'ai rien eu à redire sur l'animation, si ce n'est que certains personnages me déçurent par leur manque d'expression: la mère de Victor, notamment. J'étais un peu mal à l'aise, parce que son personnage fait passer beaucoup d'émotions différentes, mais sa bouche garde toujours la même forme, j'étais un peu gênée. Il n'en reste pas moins que le film est d'excellente qualité.

    Allez voir Frankenweenie ^^


    Si vous n'allez pas me voir au cinéma, je risque de faire de grosses bêtises…


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    Kuronoe le #281689

    J'ai bien apprécié également. Sans être le film du siècle, on passe un bon moment. Et comme toi j'ai bien aimé les multiples références et clins d'oeil (même si je suis sûr d'être passé à côté de la plupart d'entre eux).

    Ce qui m'a surtout plu c'est l'ambiance : noir et blanc, petite ville américaine des années 60, personnages hauts en couleur, qui pour la plupart aurait paru inquiétants dans un autre contexte mais qui, ici, du fait du ton décalé, apparaissent presque normaux. Tous les éléments de Frankenstein (l'oeuvre) sont présents et modernisés et Tim Burton nous propose une lecture humaine, qui à mon sens est la bonne, de l'oeuvre de Mary Shelley (Pour la petite histoire, 3615 le saviez vous, mais dans le bouquin, la préface nous apprend qu'en fait il s'agissait d'un défi entre Mary Shelley, son futur et célèbre mari et Lord Byron, un week end alors qu'ils étaient à Genève, qui consistait à rédiger une histoire horrifique. Frankenstein ou le Prométhée moderne résulte donc d'un petit défi, un week end, pour passer le temps à cause du climat pourri ^^).

    Je regrette juste que ce soit Disney qui ait distribué le film, ce qui implique nécessairement un happy end, alors qu'une issue plus réaliste (sur le plan de la science et de la morale) aurait donné une toute autre dimension au film; finalement il reste cantonné au petit spectable de divertissement, sympa mais avec un manque de profondeur à mon goût


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    Lord Yupa le #281690

    Je confirme Sharbett et Kuronoe (j'étais de la bande des 6), un bon cru Tim Burton, empli de clins d'oeils multiples, à ses propres oeuvres mais aussi à "Nosferatu le Vampire", à "Godzilla", aux "Gremlins", etc.
    Mention spéciale au prof de sciences et à son discours de "justification" :-), à la triste nièce du maire persécuteur, et au petit bossu que Sharbett vous montre.
    Mes (toutes petites) réserves à moi, c'est que l'intrigue réelle met un certain temps à démarrer, ainsi que l'humour, et que Sparky m'a semblé un peu casse-pieds comme clebs.
    Mais le happy end, j'aime bien, et puis il y avait pas mal d'enfants dans la salle, adoncques.

    Je te rectifie le noeud de cravate, cher Kuro : ce n'est point à Genève, mais dans la villa de Lord Byron sur l'Adriatique, en regardant un terrible orage sur la mer, que lui-même, Shelley, sa jeune épouse Mary et un "secrétaire" italien de Byron (son amant, vu qu'il était gay) ont eu l'idée de lancer un concours entre eux 4 du meilleur roman inspiré par l'orage.
    C'était en 1816. Mais voilà, Shelley, tubard au dernier degré, mourut bientôt à Venise, Byron partit guerroyer en Grèce, et seule Mary Shelley mena jusqu'au bout son roman, "Frankenstein". Paraît qu'on a retrouvé récemment et édité le manuscrit de l'Italien.

    PS : Wah ! quelle joie ! panne de 4 jours sur Orange, plus de mails, plus d'internet, et voilà que ça repart ! ça devient un peu b…délique, tout ça, de plus en plus souvent…


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    akiko_12 le #281691

    Citation (kuronoe @ 12/11/2012 11:29)
    Je regrette juste que ce soit Disney qui ait distribué le film, ce qui implique nécessairement un happy end, alors qu'une issue plus réaliste (sur le plan de la science et de la morale) aurait donné une toute autre dimension au film; finalement il reste cantonné au petit spectable de divertissement, sympa mais avec un manque de profondeur à mon goût


    A vrai dire c'était aussi Disney (chez qui Tim Burton a fait ses premières armes) qui lui avait donné le budget pour le premier Frankenweenie en prises de vue réelles, sorte de cadeau d'adieu à Burton qui a les a quitté peu après. Le film était censé faire la première partie de la ressortie de Pinocchio et a finalement été interdit aux moins de douze ans. C'est donc une belle ironie et un sacré pied de nez qu'ils aient financé et distribué aujourd'hui un long métrage Frankenweenie, dont beaucoup de plans sont exactement les mêmes qu'à l'époque !

    Pour ma part j'ai beaucoup aimé ce film, pari osé puisqu'en stop motion et en noir et blanc, pour respecter l'ambiance originale de son aîné. A ce stade on peut aisément penser que Tim Burton pèse suffisamment lourd pour presque tout se permettre, et ça c'est tant mieux !
    Techniquement j'ai été bluffée par les marionnettes qui pleurent, c'était génial. Leurs expressions étaient aussi très bonnes, avec un petit côté figé “vintage” où l'on pouvait presque percevoir les ficelles, mais toujours avec une bonne fluidité. On avait vraiment l'impression de se perdre dans les mises en abîme entre le film en carton-pâte de Victor (le personnage fictif) et derrière la caméra son avatar réel Tim Burton qui fait son propre film en bric à brac.

    Plusieurs séquences sont esthétiquement proches du sublime, mais celle qui m'a fait le plus d'effet fut la première dans le grenier. Encore plus impressionnante que dans l'original, elle est vraiment grandiose et justifie à elle seule tout le film. Le montage, le capharnaüm étrange, les effets et l'orage étaient saisissants ; s'il ne fallait retenir de ce film qu'une seule chose, ce serait absolument celle-là.

    Comme dit plus haut les références affluaient, et l'on pouvait y voir là un hommage géant à tout ce qui inspira Burton et à ses propres films. Déjà, le Frankenweenie original est excellent à ce niveau. On peut y chasser tous les éléments qui font l'univers burtonien et se retrouvent plus tard dans ses films. Ainsi, le plus évident est l'aspect autobiographique avec la banlieue proprette et étouffante qui rappelle Burbank, ses voisins qui savent tout les uns des autres, leur étroitesse d'esprit et le rejet de l'élément étrange ; exactement ce qui fera la trame d'Edward aux mains d'argent. Le petit Victor fait un bel écho à Burton enfant mais aussi à ce que sera plus tard le film Ed Wood, où l'on retrouve la passion pour le cinéma et les films faits avec trois ficelles. La figure du cimetière avec ses collines préfigure le futur Nightmare before Christmas (on y retrouve un avatar de Sparky, d'ailleurs), tandis que le moulin/dernier refuge en feu a été repris en plus grand et plus impressionnant dans Sleepy Hollow… Lorsque Victor lance contre le ciel son cerf-volant en chauve-souris, je n'avais pu m'empêcher de sourire en pensant aux deux Batman réalisés des années plus tard.

    La glissade est aussi intéressante concernant l'apparence et le prénom du petit héros, sorte de jeu de référence et de retours en arrière. Le premier court de Burton, Vincent, mettait en scène un personnage en marionnette à la figure triangulaire et blafarde dont le prénom faisait référence à Vincent Price. Dans Frankenweenie 1984, le petit garçon s'appelle Victor. Dans The Corpse Bride, le héros s'appelle Victor mais son apparence est très proche de celle de Vincent (le père l'appelle parfois Vincent, d'ailleurs). Dans Frankenweenie 2012, le garçon réel Victor a été avatarisé mais conserve l'apparence de son “successeur” Victor de The Corpse Bride, en version plus jeune. C'est ainsi que, comme le faisait remarquer Sharbett, il devient le seul personnage à avoir un physique à peu près normal dans son école.

    Le temps ayant passé, Tim Burton fait un retour sur lui-même. Dans Frankenweenie 2012, les personnages se retrouvent suspendus aux ailes du moulin comme dans Spleepy Hollow, alors que c'est ce même moulin sorti de Frankenweenie 1984 qui inspira cette séquence. Il insiste d'ailleurs sur la Nouvelle-Hollande avec la colline hollywoodienne et la fête histoire de boucler la boucle, là où le moulin n'était qu'un décor de golf dans le moyen-métrage original.
    Il réussit aussi à placer Martin Landau dans la peau du professeur de sciences, avec une apparence proche de celle qu'il lui avait donné dans Ed Wood lorsqu'il incarnait Bela Lugosi. Il fait même un clin d’œil appuyé à Christopher Lee, autre interprète de Dracula pour la Hammer, dans la séquence où les parents regardent la TV… On pourrait sans doute continuer longtemps ainsi dans la chasse aux références, tant elles sont nombreuses (sans compter celles qui ne font pas partie directement de sa filmographie !).

    J'ai beaucoup aimé la façon dont il a transposé en marionnettes les personnages réels du moyen-métrage. On les reconnait très facilement mais en même temps ils ont acquis des caractères plus appuyés qui font ressortir, intérieurement comme extérieurement, leur part d'étrangeté propre. J'ai particulièrement aimé la blonde et son chat détestable (déjà présents, même si on les voit très peu, dans Frankenweenie 1984), et la voisine semi gothique très “Lydia-esque” (de Beetlejuice) de Victor. L'ambiance décalée et drôle était comme toujours plus que sympathique, et la bande son de Danny Elfman proche d'Edward aux mains d'argent par moments m'a-t-il semblé… Elle mériterait réécoute car, si elle fonctionne comme le reste, elle doit aussi renvoyer aux films précédents dans ses thèmes.

    En conclusion, Frankenweenie 2012 a été ficelé intelligemment et malgré le manque de rythme sur le début dû à l'étirement de la situation initiale, le rajout du milieu (résurrections par les autres élèves) permet un délire de références et se raccorde bien à la trame principale. Je garde tout de même une préférence pour le moyen-métrage original qui était une œuvre de jeunesse plus fraîche et plus rythmée du fait de son format court. Frankenweenie 2012 c'est comme une nouvelle qu'on aurait étirée en roman ; on perd un peu de son essence, de l'état d'esprit et des limitations techniques du moment, qui donnent finalement un certain cachet et une spontanéité. Cette nouvelle version n'en demeure pas moins très bonne, sorte de retour aux sources de réalisateur, avec le vécu qu'il a eu entre temps et tout ce que sa brillante carrière lui permettent maintenant d'y apporter.

    Un très bon film à voir et à savourer d'autant plus à la lumière de la filmographie de son réalisateur ! 😃


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    Lord Yupa le #281692

    Citation (Sharbett @ 11/11/2012 20:07)
    …Dans ses récits de monstres, Burton oppose souvent le monstre, le paria, à la population proprette et correcte, les gens “ordinaires”. Edward contre la ville de bons bourgeois, les fantômes contre les snobs dans Beetlejuice… ici, l'exclusion est plaisamment renversée: les monstres, c'est tout le monde. Les voisins, les profs, les autres élèves… tout le monde fait peur, tout le monde paraît sortir d'un film ou d'un musée des horreurs, à l'exception des Frankenstein! 😉 😂 Victor est monstrueux dans le sens où il ne ressemble à personne et est donc un exclu, mais c'est aussi le seul à être “normal comme nous”.

    J'ai apprécié également, entre deux boutades visuelles, la petite réflexion à la place que nous laissons à la science et à la connaissance…

    Très juste, très juste !
    En fait invariablement chez Tim Burton, le monstre ne l'est pas, et le film tourne usuellement en un plaidoyer (sans lourdeur aucune, avec humour) pour l'acceptation des individus “différents” et très variés, au sein de la Tribu inquiétante, grégaire et collectiviste par définition, si prompte à tous les lynchages des hors-normes.
    La ruée de la foule armée de torches pour allumer le bûcher revient ainsi en paradigme chez Burton.


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    Sharbett le #281693

    Citation (kuronoe @ 12/11/2012 11:29)
    l'oeuvre de Mary Shelley (Pour la petite histoire, 3615 le saviez vous, mais dans le bouquin, la préface nous apprend qu'en fait il s'agissait d'un défi entre Mary Shelley

    En lisant ton post, j'ai crié intérieurement: “Comment ne l'ai-je pas vue, celle-là?!”

    Shelley… le nom de la tortue de Toshiaki. Je me disais aussi “C'est bizarre qu'elle ait pas un vrai nom de tortue comme, chais pas, moi, “Géniale” ou “Tarmine”.

    D'ailleurs, le (bref) moment où Toshiaki pleure sa tortue fait partie de mes préférés, avec la dépression de Victor. Ca dure très peu de temps, mais son émotion rend touchant le sale môme cruel et égoïste qu'il est.


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    Shinji-kun le #281694

    J'ai vu Frankenweenie hier soir. C'était un film plutôt bon (après Dark Shadows ce n'était pas difficile 😂 ). Maintenant je sens que je ne vais pas en retenir grand chose. Vous parlez tous de références mais comme je n'en ai vu (quasi-) aucune ça ne m'a pas marqué plus que ça. D'ailleurs maintenant que vous le dite, le film baisse un peu dans mon estime car je n'aime pas trop le genre “référence à tout va que si vous ne connaissez pas vous loupez la moitié du film”. Le noir et blanc est très joli et j'ai beaucoup aimé le genre stop-motion. Pour finir avec les points positifs : les anachronies. Le film en regorge, mélange de l’Amérique des années 60 (50 ?) et de l'époque actuelle. Elles sont plutôt bien trouvées.

    Le principal point négatif est la lourdeur de certaines scènes du scénario. Prenons la scène de la résurrection de Sparky. Quel est l'intérêt de la faire traîner avec la méthode “raté-réussi” alors que de toute façon, si le chien est mort le film et fini et on peut rentrer. Et la fin c'est pareil : les 10 dernières minutes sont tellement grossières. On peut déjà prévoir le scénario à l'avance.

    A part ça j'ai passé un bon moment car le film est drôle et se laisse facilement regarder.

    Prochain ciné : Les Cinq légendes


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    nael_hitengo le #281695

    Citation (Sharbett @ 13/11/2012 23:04)
    En lisant ton post, j'ai crié intérieurement: “Comment ne l'ai-je pas vue, celle-là?!”

    Shelley… le nom de la tortue de Toshiaki.


    mais comment j'ai pu passer à coté d'un tel truc … je sens que je vais devoir revoir ce film.
    sinon ben comme tout les autres, bon film, passé un super moment et, de mon point de vue, il a réussi a me divertir suffisamment pour le conseiller à d'autres amis. 😁

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