


Ecrivain japonais, Natsume Soseki se décide à entreprendre la rédaction de Botchan. En novembre 1905 – ère Eiji – le Japon entre dans une modernité perturbante. Névrosé, le professeur Soseki qui vient de remporter un succès littéraire avec Je suis un chat, décide de raconter ce Japon en étudiant ses contemporains pour les mettre en scène dans Botchan (« jeune homme de bonne famille »).
C’est l’histoire vraie du romancier Natsume Soseki que mettent en scène Jirô Taniguchi et Natsuo Sekikawa. Le sujet ne manque pas d’intérêt puisque cette date charnière de novembre 1905 est l’occasion de s’intéresser à la mort d’un certain Japon et la naissance d’un autre. La fin des repères humains et esthétiques du peuple nippon produit chez Soseki des névroses paranoïaques – mais écrire lui permettra de se guérir.
Ce manga propose donc à la fois une étude sur l’écriture du livre Botchan (disponible en Français chez Alphée), mais aussi une vision sociologique d’un Japon perdu face à lui-même et obligé de s’inventer une nouvelle histoire. Aux dessins, Taniguchi opte pour un dessin raffiné mais souvent ironique dans ses portraits – donnant à ce titre une distanciation cruelle en parfait accord avec son sujet.
Précisons, pour finir, que ce volume réédite celui paru au Seuil en 2003 – il est proposé dans la belle collection « écritures » de Casterman dans le sens de lecture occidental.
BOTCHAN NO JIDAI © Natsuo Sekikawa and Jiro Taniguchi / FUTABASHA PUBLISHERS LTD
JAPON