Articles | mangaLe 02/08/2004 par La RédactionMarche arrière
Comme prévu, voici l’un des textes sélectionnés à l’issue du concours organisé par AnimeLand.com pour célébrer les 3 ans du site. Rédacteur : Julien Mecchi
À commencer autant le faire par la fin. Voilà où m'a mené ma passion. Peu de choses en fait. Mais à la fois une multitudes d'instantanés. Inoubliables, et pourtant si diffus au sein de mon esprit.
Encore aujourd'hui, j'ai côtoyé dans un monde virtuel la chaleur. La chaleur de personnes un peu comme moi. Un peu rêveuses. Mais pourquoi diable aller là bas ?
Cette question me hante depuis plusieurs mois. Pour dialoguer. Pour échanger. Mais est-ce important finalement ?
Oui.
Sinon, j'aurais décroché. La faute à ces dessins qui bougent, qui bougent encore et encore sans jamais s'arrêter. Quelle folie ! Douce et enivrante. J'en redemande.
Nous sommes un samedi pas tout à fait comme les autres. Les premières images statiques d'une antiquité vieille de plus de quarante ans s'animent tranquillement devant moi. La salle s'éteint. Rapide coup d'oeil dans la salle. Diversité. Les plus âgés sont-ils là par nostalgie ? Ceux de mon âge sont-ils venus par passion ? Ou par erreur ? Est-ce l'âge de leurs enfants qui ont conduit ces parents en ce lieu ? Ou pérennisent t-ils leurs visions d'une jeunesse cathodique ?
Toujours plus loin. Encore une après midi. Encore une salle obscure. Et toujours des images qui bougent devant des enfants émerveillés. Une histoire de marin bien de chez nous me transporte au large avec une joie non dissimulée. Je fais un peu tâche. Je suis le seul adulte non accompagné. Qu'importe !
Les années remontent bien vite. Où sommes-nous alors ? Devant ma télé !
See you.... Je suis conquis avant même la fin du générique. Dernières pubs, le jingle, et quelques notes de contrebasse suffisent. Le show va bientôt commencer. Anxieux, j'attends ma dose hebdomadaire.
Désormais c'est la nuit. Le 25 décembre. La salle vient de se rallumer, et dans le froid, nous marchons vers notre voiture. La flamme de la passion brûle et la discussion s'emballe. Chef d'oeuvre incontesté contre ridicule incompréhension. Et le loup dévora le petit chaperon rouge. Dernière réplique. Dernière scène choc pour une oeuvre gravée à jamais dans mon coeur depuis la première seconde.
De nouveau la télé Mais cette fois-ci, une larme l'accompagne. Pourtant je savais. Un dernier regard vient d'écraser mes derniers remparts. Un feu d'osier bien trop cruel. Les larmes de deux enfants. Des insectes que l'on enterre. La lueur des bombes qui descendent se confond avec celle des lucioles qui montent. Avant même le commencement, tout était dit.
Encore la télé. On se regarde, encore étourdis. Ecran noir. Un cri inhumain retenti. La fuite, il n'a que ce mot à la bouche. Mais pourquoi le héros refuse t-il de combattre ? Ma première série sous-titrée. C'est la réunion hebdomadaire avec mon ami d'enfance. Nous sommes samedi, et je cours de peur d'en rater une miette.
Encore plus loin dans mes souvenirs. Joie de découvrir son premier chef d'oeuvre. La tension à encore du mal à retomber. Des dirigeables jaunes survolent encore Tokyo. La guerre juste est-elle préférable à la paix injuste ? Un générique fin et délicat sur fond de Sepultura. Une VHS que l'on glisse dans le magnéto.
J'ai tout juste 10 ans. Bien plus tard, je saurai que ce que je vois est le premier épisode de ce qui deviendra ma série culte. Pour l'heure, je n'ai pas vraiment conscience de ce qui se trame. J'entonne le générique de fin. L'armure est éblouissante. Le héros vient de terrasser la grosse brute. Les étoiles, le cosmos. Chez mes grands parents, en attendant ma mère.
Mon plus vieux souvenir. Un anime renié par la suite. Un chaudron englouti une armée d'affreux squelettes. Trop petit pour dire où et quand. Mes premières images qui bougent. Ma mère m'a emmené voir le petit dernier. Sans le savoir, se joue pour moi une grande partie de ma vie.
Merci maman.