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Le 11/06/2004 par Nathalie B.

Impératrice Chung

La bande-annonce d’Impératrice Chung, présentée en septembre 2003 au Forum des Images, laissait perplexe. La vision du film en première mondiale mardi à Annecy, a mis fin aux quelques espoirs subsistants…

On aurait aimé partager l'enthousiasme d'un Serge BROMBERG (1), élogieux à l'égard de ce long métrage coréen présenté hors compétition, mais non. Même les autocongratulations de son réalisateur, Nelson SHIN, n'ont pas convaincu le public présent de la qualité d'Impératrice Chung. Fier d'avoir passé 7 années sur ce film (ce qui est louable), d'avoir produit des centaines de milliers de dessins (louable aussi), et même dirigé la bande originale durant son enregistrement, laissant ainsi penser qu'il était le seul à bord de cette entreprise, SHIN s'est aussi félicité d'avoir réalisé « peut-être le dernier film animé en 2D, hormis un ou deux effets en 3D », oubliant sans doute que ce n'est pas nécessairement gage de réussite...
Après la projection, le spectateur ne manqua pas de frissonner en repensant à la durée initiale du film (2h50, ramenée à 1h52), qui assurément ne lui aurait pas permis de tenir jusqu'au bout face aux pleurs continuels de l'héroïne, entre beaucoup d'autres choses.



Snifsnif impératrice



Certes, la Mlle Chung du titre est bien jolie, car finement dessinée et élégamment animée. Après un prologue réaliste passé en coup de vent, au cours duquel papa est victime d'un complot mais parvient à s'en sortir, la voici, 14 ans plus tard, occupée à chantonner sur les chemins, à admirer la nature et s'occuper de papa, aveugle. Désireuse de lui faire recouvrer la vue, la mignonne suit les conseils d'un moine, qui lui suggère de faire une offrande au temple pour permettre l'accomplissement d'un miracle. Mais suite aux manigances d'une restauratrice fessue et gesticulante, Chung se sacrifie pour son papa en servant d'apéritif à une méchante divinité marine.



Comme Oseam, autre long métrage coréen présenté à Annecy mais en compétition, Impératrice Chung s'inspire de contes coréens l'action se situe au XVIIIe siècle . Autre point commun, le film fera pleurer les âmes pieuses et/ou sensibles. Mais la comparaison s'arrête là. Encore faut-il que les dites âmes ne se laissent pas ici perturber dans leur quête émotionnelle par les parasitages des « gentils amis » de notre héroïne, à savoir une tortue, un chien et une oie, tous trois, hélas, dotés de parole. Il faut aussi passer outre des éléments - a priori intéressants dans les légendes originelles, mais ici traités d'une façon plus que déconcertante -, que sont les poissons costumés du royaume marin ou le lotus géant flottant dans les airs. Après une première heure sans action, les accélérations scénaristiques de la deuxième partie (le film a été coupé, rappelons-le) ne favorisent guère le tout, rythmé sur la fin par les pleurs et hoquets de l'héroïne (à raison d'une crise de larmes par minute) auxquels répondent les caquètements de l'oie débile.



Il n'y avait pas de quoi s'affoler, pourtant, le suspens étant éventé dès le départ (tout est dans le titre...). Pas sûr que les petites filles, à première vue coeur de cible du film, puissent apprécier ce mélo lourd et long. Et l'animation, souvent passable, ne soutient guère le récit. Les scènes se déroulant en mer sont de ce point de vue les plus réussies, mais surtout, la séquence, très courte, durant laquelle Chung plonge la main dans une jarre de riz, est, elle, réellement de toute beauté. Une touche de délicatesse dans un ensemble peu digeste.
 
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