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Le 09/06/2004 par Nicolas PENEDO

Animation Télé

Rime avec qualité

Lundi 7 juin, le Festival d’Animation d’Annecy ouvrait ses portes et nous permettait d’admirer quelques films réalisés pour la télévision (épisodes de séries ou spécial TV). Issus de tous les pays, ces petits films démontrent un réel savoir faire.

Issus de France, Corée, Arménie, Chine, Estonie ou Australie, ces courts métrages exploitent au maximum le budget qui leur est alloué, et misent sur l'humour pour pallier d'éventuelles faiblesses techniques. On retrouve différentes formes d'animation : pâte à modeler, animation en 2D assistée par ordinateur, 3D ou encore rotoscopie (technique consistant à filmer une personne pour dupliquer ses mouvements en animation).



Rires et poésies



Parmi les animations diffusées, on retiendra Frank ja Wendy « Hungerburger », parodie estonienne sur cellulo de X-Files, mettant en scène des nains nazis voulant écumer le monde de Hamburger. Tout simplement délirant et de mauvais goût. Tout aussi fou, le Dame Saccharine « Faux semblants », pastichant l'univers de l'héroïc fantasy. On y retrouve un chevalier venu terrasser le dragon et sauver la princesse. Classique ? Oui, mais la conclusion s'avère nettement plus audacieuse ! La simplicité technique de ce court métrage sert parfaitement l'humour « bête et méchant » qui s'en dégage.
Intéressant aussi, les animations mettant en images des poèmes. Ainsi, retrouve-t-on 3 Poetner, animation arménienne exploitant la 2D sur ordinateur : on y retrouve des peintures animées pour illustrer la poésie. Le film français Le hareng saur, en pâte à modeler, donne à un poème pour enfants une dimension des plus amusante. Si la qualité n'a rien d'exceptionnelle, le charme agit néanmoins.



On retiendra



Parmi les oeuvres diffusées, deux nous sont apparus particulièrement intéressantes. La première, The Boxer, nous vient de Corée. En 5 épisodes totalisant 11 minutes, SHIN Tae-Sik nous fait découvrir le quotidien de deux poupées boxeuses montées sur ressort. Réalisée tout en 3D, cette animation se caractérise tout d'abord par un burlesque des plus rafraîchissants. Le propos est simple : les poupées boxeuses n'ont qu'un but dans leur vie, celui de se cogner le plus possible.
Une poupée garçon et une poupée fille aux sourires édentés s'affrontent donc dans des matchs de boxe délirants. Le principal ressort comique repose sur la violence démente dont fait preuve la jeune fille pour corriger son partenaire masculin. Ce dernier se retrouve assailli de coups herculéens. Ses plans tombent, eux, toujours à l'eau.
La 3D a visiblement été exploitée de façon à économiser sur le coût de la production : le travail ne présente aucun défaut particulier mais se limite à des plans classiques, n'exploitant pas au maximum les possibilités offertes par l'ordinateur. Toutefois, on remarque la reprise de codes typiques de l'animation japonaise, comme la goutte de sueur marquant la gêne, ou encore des effets de manches dans les scènes de combats, typiques des anime de bastons.
Plus drôle, le réalisateur se permet aussi de parodier la scénographie des jeux vidéo : entraînement des personnages, écran scindé par une barre, présentant deux visages séparés par le fameux VS (Versus). Dans ces deux derniers cas, on assiste à un véritable et impressionant travail de mise en scène.



Dans un tout autre genre, tout aussi intéressant, on retrouve The Delta State. Cette production française utilise la rotoscopie pour donner une grande impression de réalisme à ses personnages. Pascal DAVID adapte, dans cette production Canal + / France 2, un comic book américain inconnu chez nous.
De jeunes gens jouissant de pouvoirs psys doivent lutter contre les Rifters, des vilains exploitant leurs dons pour faire le mail. On comprend d'autant plus l'intérêt de la rotoscopie, puisque cette série flirte avec l'ambiance de X-Men, Charmed ou encore Smallville.
On retrouve donc des personnages classiques de séries télé, mais avec des dialogues sonnant juste (rare pour un dessin animé ou une série), et une ambiance fantastico-mystique propre à séduire les adolescents. On espère donc pouvoir découvrir bientôt cette série sur nos écrans.



Du bon, que du bon !



Excellent cru pour cette projection. Destinée à un public d'adolescents / adultes, elle prouve la vitalité de la nouvelle vague d'animateurs mondiaux. Ici, pas de langue de bois, on aborde des thèmes ou oeuvres adultes sans les infantiliser. La preuve que l'animation destinée à la télévision peut générer une émotion réelle. Avec cette sélection, Annecy entend bien nous faire découvrir des travaux sortant de l'ordinaire. Une bonne nouvelle, on en redemande !
 
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