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Le 18/05/2004 par Sébastien CELIMON

Du côté de la Gare de l’Est à Paris, dans la longue rue du Faubourg Saint-Denis, s’est installée une équipe singulière composée pour l’essentiel d’anciens animateurs du studio Disney de Montreuil. Cette nouvelle structure s’appelle NEOMIS. Petit historique du pourquoi et du comment.
À la fermeture des studios Disney de Montreuil, il y a eu trois types de réaction de la part des anciens salariés : il y a ceux qui sont partis vers d'autres aventures graphiques, ceux qui se sont regroupés autour de Dominique MONFERY et ses projets de longs métrages sous l'égide Welldone (lire notre article) et ceux, 22 personnes exactement, qui ont décidé de fonder Néomis. L'objectif du studio est simple : proposer un panel complet de compétences dans le secteur de l'animation, pour tous types de projets (publicités, courts-métrages, participations à des longs métrages, le tout en 2D traditionnelles ou en 3D). Les références sont prestigieuses : la quasi-totalité des longs métrages Disney depuis
Dingo et Max, à l'exception de
Mulan.
Etat des lieuxBruno GAUMETOU, gérant tout neuf de la structure, assurait les fonctions de responsable du recrutement et de la formation pour le Studio Disney. Il revient sur les premiers pas de Néomis : «
Quand l'annonce de la fermeture des studios a été officielle, beaucoup d'entre nous ont formulé l'envie de créer une structure. Ç'aurait été tellement dommage de séparer tous ces talents qui se connaissaient et aimaient travailler ensemble ! On a réfléchi à ce qu'on voulait faire, et le projet Néomis est né. Nous avons négocié le matériel technique sur lequel nous travaillions, dégotté les locaux, calculé un plan d'investissement et évalué les perspectives. Puis les travaux d'aménagement ont démarré. Montreuil a fermé le 31 décembre, et Néomis naissait une semaine après. »
Plusieurs mois de travauxIl aura fallu plusieurs mois de travaux, durant lesquels les animateurs associés se sont transformés en maçons, peintres ou déménageurs, pour rendre fonctionnels les 250 mètres carrés de l'atelier, dont le double de surface attend d'être aménagé à son tour en sous-sol, si cela s'avère nécessaire. «
Nous nous sommes tous succédés tous les jours, même les week-ends, pour achever les travaux dans les temps. C'était une expérience fatigante, mais idéale pour souder l'équipe ! » s'amuse Odile PERRIN, productrice au sein du studio et précédemment collaboratrice chez Xilam.
La plupart des associés a profité du premier trimestre 2004 pour se former aux logiciels 3D comme Maya. Quand les uns repeignaient les murs, les autres s'escrimaient à la souris pour modéliser des objets. Quand les seconds posaient la moquette, les premiers leur succédaient devant les écrans. «
Le roulement des formations s'est bien passé, constate Bruno. Notre équipe arrive, aiguisée, dans des locaux flambant neufs, et elle est plus compétente qu'avant ! »
Premiers frémissementsÇa y est, la toute première commande est arrivée en cette fin du mois d'avril, quatre mois après la création officielle du studio. Il s'agit d'abord d'un test qui, associé à un devis, donnera une première idée de la capacité au studio à répondre correctement aux attentes du marché. Bruno est content, mais reste sur ses gardes. S'il se réjouit qu'une commande tombe, alors que les premières démarches commerciales n'ont pas encore débuté, il préfère demeurer lucide et ne pas s'avancer. «
Nous avons également quelques contacts sérieux pour des longs métrages dont nous assurerions une partie de la sous-traitance, mais tant que rien n'est signé... Tout le monde est curieux et veut nous connaître. Pour autant, les sourires et les visites de courtoisie sont une chose, le travail une autre. »
Projets personnels et ouvertureEn attendant que l'activité ne prenne vraiment son essor et que les associés se retrouvent à plancher sur des projets communs, chacun partage son temps entre l'aménagement du studio et ses propres travaux, lesquels nourriront sans doute la créativité du groupe. Certains rêvent même d'un long métrage développé en interne. Si le bébé est encore loin de voir le jour, il est déjà en gestation, et mûrit tout doucement dans les esprits et sur des coins de papier. Bruno, qui a conservé un nombre important de dossiers de candidatures du temps de Disney, rêve d'un grand studio qui ferait le lien entre les écoles, les investisseurs, les talents émergents et le public. Autrefois, Disney proposait un programme de formation à cinq des plus grandes écoles européennes, appelé Art in Education. «
J'adorais ça, confesse Bruno,
j'aimerais vraiment recréer l'émulation de cette période en réactivant ce réseau. »
Avant d'en arriver là, il faudra déjà surmonter les premiers mois de vache maigre, forcément difficiles. Une aventure humaine aussi passionnante qu'éprouvante, qu'Animeland.com vous racontera régulièrement !