Articles | diversLe 12/05/2004 par KaraNouveautés d'avril : try again !
Première impression
Le mois d’avril n’est pas forcément la saison des poissons au Japon, mais celle des nouveautés télévisuelles ! En moins d’un mois, ce sont parfois plusieurs dizaines de nouvelles séries TV (et OVA !) qui se disputent les starting-blocks de la rentrée télévisuelle nippone. Voici celles qui ne nous pas encore convaincus...
Gantz, les 3 premiers épisodes 1ère diffusion : 12 avril 2004.
L'adaptation du manga du même nom s'est longtemps fait désirer, et force est de constater que le résultat est mi-figue, mi raisin !
Des hommes et des femmes, au moment de leur mort, se retrouvent projetés dans un petit studio tokyoïte, où les attendent une sphère noire contenant un humanoïde en hibernation et des armes de science fiction. Ils sont désormais embrigadés dans une étrange chasse à l'alien qui, selon les performances de chacun, leur permettra de retourner dans le monde des vivants...
Concernant les bons points, la série nous propose un graphisme somptueux, dû au character designer et directeur d'animation ONDA Naoyuki, dont le palmarès est impressionnant :
Armitage the Third,
Witch Hunter Robin, ou encore le très soigné
Sol Bianca, The Legacy. Les décors ne sont pas en reste et intègrent de nombreux plans en images de synthèse d'une qualité rarement atteinte pour une « simple » série TV (du moins à notre connaissance)!.
C'est après que les choses se gâtent. Si la mise en scène est certes efficace dans le premier épisode, celle-ci connaît quelques ratés dès le second opus. Certaines scènes semblent en effet avoir été charcutées au montage final. Tel quel, nous avons véritablement l'impression que toutes les scènes gores n'ont pas étés édulcorées, mais tout simplement supprimées !
Ainsi par exemple, on voit un personnage dont le corps se gonfle, sur le point d'exploser ; le plan d'après, on passe à autre chose sans que l'on sache ce qui s'est passé réellement (à moins d'avoir lu le manga d'origine). Certes, on peut appeler cela une ellipse de narration, laissant l'imaginaire du spectateur faire le reste. Mais quand on aligne une dizaine d'ellipses du genre en quelques minutes, cela devient très difficile de raccrocher les wagons, surtout lors d'une première vision ! Des scènes entières semblent ainsi manquer et brisent totalement la continuité de la mise en scène, au point qu'il devient parfois très difficile de comprendre où se trouvent les personnages les uns par rapport au autres, d'un plan à l'autre ! Il est donc fortement conseillé d'avoir lu le manga d'origine sous peine de perdre complètement le fil de l'histoire !
Dès le 3e épisode cependant, les choses reprennent un cours à peu près cohérent, tant au niveau de la mise en scène (parfaitement lisible cette fois) que du scénario. Les questions restent donc posées : que s'est-il passé ? Y a-t-il eu auto censure maladroite du réalisateur ou d'un de ses assistants, ou censure de la part de la production ? Ou bien avons-nous eu affaire, tout simplement, à un épisode raté, au montage « hâché » ?
Pourtant, le réalisateur ITANO Ichiro n'est pas un novice en matière de scènes d'action efficaces, puisqu'il fut directeur d'animation sur le premier film de
Macross, concepteur des scènes d'action des OVA de
Macross Plus, et réalisateur sur une OVA de
Violence Jack (donc le gore, ça le connaît aussi) ! Bref, une adaptation ayant manifestement bénéficié de moyens importants, mais dont la finition bancale en laissera songeur plus d'un ! Cependant, avec un tel staff aux commandes, nous espérons que la barre sera très vite relevée...
Lire notre critique de
du manga Gantz.
Kyou Kara Mao, le 1er épisode 1ère diffusion : 3 avril 2004.
Si certains ont inscrit le proverbe « Si c'est nippon, c'est du bon » en lettres d'or sur leur cheminée, nous ne saurons trop leur conseiller d'appeler un maçon après avoir vu la chose animée qui suit...
Kyou Kara Mao est une sorte de
Vision d'Escaflowne du pauvre, nanti d'un graphisme académique, animé à trois dessins par secondes, et soutenu par une musique au synthétiseur « Bon tant pis ».
Et ce n'est pas le scénario qui viendra sauver les meubles, jugez plutôt. Le jeune Shibuya tente d'aider un de ses camarades de classe aux prises avec des voyous ; la scène se déroulant dans un parc public, notre téméraire héros du jour est emmené manu militari par les vils malfaisants dans les toilettes publiques pour dames... Plongé la tête la première dans une cuvette, la chasse d'eau tirée à tôt fait de précipiter Shibuya dans un monde parallèle d'héroïc fantasy ! Nous précisons à ce stade de notre résumé qu'il ne s'agit pas d'une série humoristique, mais d'une histoire à prendre au premier degré. Gloups !
La folle originalité des événements à venir ferait blêmir d'envie le scénariste d'
Independance Day. En effet, les habitants de ce charmant pays reconnaissent en Shibuya leur souverain disparu ! Arrêtons là le massacre...
Pourquoi alors parler de cette série s'annonçant comme étant un navet instantané ? Tout simplement parce que le réalisateur n'est autre que l'honorable NISHIMURA Junji, à qui l'on doit les sympathiques séries TV de
Ranma ½ et de
Samouraï Deeper Kyo ! Mais plus inquiétant, celui-ci est actuellement à la barre de la série TV
Windy Tales, supervisée par la légende vivante qu'est OSHII Mamoruh (
Ghost in the Shell,
Patlabor) ! On croise les doigts... Mais on a peur... très peur !
Voir images de Windy Tales dans
notre galerie d'images du Tokyo International Anime fair.