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Le 12/05/2004 par Kara

Nouveautés d'avril : à surveiller

Première impression

Le mois d’avril n’est pas forcément la saison des poissons au Japon, mais celle des nouveautés télévisuelles ! En moins d’un mois, ce sont parfois plusieurs dizaines de nouvelles séries TV (et OVA !) qui se disputent les starting-blocks de la rentrée télévisuelle nippone. Voici notre florilège de séries à surveiller.

Monster, 1er épisode 1ère diffusion : 6 avril 2004.


On l'attendait au tournant, et force est de constater que la série adaptée du célèbre manga homonyme semble être une pleine réussite, aussi bien formelle que narrative. Le character design, signé FUJITA Shigeru (films de Métropolis et Tokyo Godfathers), est d'une fidélité sans faille au manga d'origine. De même, les décors sont parfois très détaillés, et n'ont pas grand chose à envier à certaines productions cinématographiques !

Mais ce tableau est peut-être trop idyllique. En effet, l'adaptation animée est d'une fidélité si rigoureuse, qu'elle en devient presque servile. La mise en scène est certes efficace, le montage nerveux, mais on aurait aimé un peu plus d'audace, d'ambition, vu le matériau d'origine. Monster est un manga tellement culte que l'on aurait aimé que son adaptation télévisuelle amène un plus, et pas seulement de la couleur et du mouvement. Un réalisateur de la trempe d'un OSHII Mamoruh ou d'un RINTARO - voire même d'un David FINCHER - aurait pu transformer cette série en la bombe télévisuelle de ce début de millénaire ! Et pourtant, le réalisateur KOJIMA Masayuki n'est pas un débutant, celui-ci ayant participé à la série culte de Gunslinger Girl, et à l'adaptation d'un autre titre de URASAWA Naoki : Master Keaton. Dommage...

Résultat, les spectateurs risquent de se partager rapidement en deux camps. Ceux qui ne connaissent pas le manga vont découvrir un thriller passionnant à la réalisation sans faille. Quant à ceux qui connaissent déjà le manga, ils risquent de ne rien trouver de neuf dans cette série.

Lire notre critique du manga.


Melody of Oblivion, 1er épisode 1ère diffusion : 6 avril 2004.


Dès le générique, le ton est donné par un défilé de noms prestigieux : SADAMOTO Yoshiyuki (character designer d'Evangelion, ici mécha designer) ; IZUBUCHI Yutaka (LE créateur de Patlabor et de Lodoss !) ; le réalisateur NISHIKIORI Hiroshi (Azumanga Daioh) ; et enfin, le character designer de la série TV d'Uténa, la fillette révolutionnaire, Shinya HASEGAWA. Le tout est produit par le studio Gainax.

Le résultat ? Un trip visuel déroutant, qui séduira ou rebutera. Dans des décors aux couleurs saturées de couleurs primaires, des jeunes gens luttent contre des monstres régissant secrètement notre monde (ressemblant furieusement au monde d'Uténa justement). Une sorte de mélange improbable et franchement chaotique entre la série de sentaï et les chroniques lycéennes. Le tout aligne des idées aussi farfelues que des cadavres se transformant en marionnettes, ou des bus se métamorphosant en taureau furieux ! On aime ou on déteste, mais on ne reste pas indifférent...


Sensei no Ojikan, les 2 premiers épisodes 1ère diffusion : 4 avril 2004.


Si, comme de nombreux adeptes d'humour nippon, vous êtes fan de la série culte Azumanga Daioh, Sensei no Ojikan est fait pour vous ! Aux commandes de ce « remake» à l'humour bon enfant et accessible, nous retrouvons le réalisateur IWASAKI Yoshiaki, à qui l'on doit la série TV de Love Hina.

Notre héroïne, Mika, est une maîtresse d'école de 27 ans, au physique de femme enfant. Difficile dans ce cas-là de se faire pleinement respecter par sa classe ! Chaque épisode est ainsi une succession de sketches présentant les aventures et mésaventures des élèves de Mika-Sensei, qui à eux seuls constituent une galerie de personnages aussi hétéroclites qu'originaux ! Le graphisme volontairement simpliste et l'animation limitée pourront en rebuter certains, mais ce serait passer à côté d'un petit bijou d'humour oscillant entre le mignon et le « trash ».

Une comédie à l'humour particulier. Mais quand on accroche, il est impossible de ne pas devenir accro !


Interlude, 1ère OVA sortie le 6 mars 2004.


Quand le fan service à la japonaise croise David LYNCH, cela donne Interlude ! Un OVNI animé où se mêlent chroniques lycéennes, mondes parallèles, zombies, complots, poitrines opulentes, cosplay, monstres, ésotérisme... Un cocktail aussi hétéroclite que réussi, car dosant parfaitement ses multiples ingrédients, le tout porté par un graphisme fin et des ambiances colorées recherchées.

Une légende urbaine raconte que la nuit venue, certaines ombres quittent leurs propriétaires pour devenir des monstres. Un groupe de jeunes lycéens et lycéennes va ainsi passer de mondes parallèles en mondes parallèles, sans en garder le moindre souvenir... ou presque. Les jeunes gens vont rencontrer nombre de personnages bizarres qui les impliqueront dans un projet nommé Pandora, du nom de celle qui répandit le mal sur la Terre dans la mythologie Grecque. Jusqu'où cela les mènera-t-il ?

Un premier opus atypique mais très prometteur, posant les bases d'un récit s'annonçant complexe et séduisant ! Les fans de Twin Peaks et de manipulation de la mémoire genre Serial Experiments Lain vont adorer...


Enfer et Paradis, les 2 premiers épisodes 1ère diffusion : 6 avril 2004.


Souichiro Nagi est un furyo à la technique de combat hors pair. Sans le savoir, il décide de jeter son dévolu sur un lycée qui n'est autre que le repère des futurs meilleurs combattants en arts martiaux et utilisateurs de pouvoirs surnaturels au monde. Le retour de bâton risque de faire mal !

Le célèbre manga de baston édité chez Panini se retrouve nanti d'une adaptation animée musclée et survitaminée. Action soutenue et mise en scène dynamique (due au réalisateur KAWASE Toshifumi, un ancien routard des séries TV de... Gundam !), hélas entachées par un « léger » problème : le character design du dessin animé n'a que peu de rapport avec le graphisme du manga d'origine de Oh GREAT ! C'est un peu dommage, mais pas si dramatique que cela, puisque le graphisme proposé ici est fin, très détaillé et parfois animé avec une fluidité impressionnante. Fun et prometteur !


Mahou Shoujotaï, les 2 premiers épisodes 1ère diffusion : 9 avril 2004.


La première série TV entièrement conçue par le célèbre Studio 4°C (spécialisé dans les courts métrages animés de prestige) est un croisement entre le monde de Jim HENSON (Dark Crystal) et de la célèbre bande dessinée Witch des éditions Disney : une enfant japonaise se retrouve projetée dans un monde de sorcellerie, où tout le monde la prend pour une sorcière dissidente !

Du fait de sa courte durée de 13 minutes, voici deux premiers épisodes menés tambour battant, à la narration certes audacieuse dans ses cadrages et sa mise en scène, mais frisant parfois de peu le confus. L'univers proposé, ainsi que le graphisme des personnages fait presque penser à une production occidentale, voire américaine ! Les bandes annonces vues précédemment promettent la découverte d'un univers vaste et riche, faisant étalages de prouesses d'animation rarement vues dans une simple série TV pour enfant.


Bakuretsu Tenshi, les 3 premiers épisodes 1ère diffusion : 6 avril 2004


La nouvelle superproduction du studio Gonzo (Last Exile, Blue 6...) nous propose le désormais classique cocktail : jolies filles, gros robots, flingues surdimensionnés et univers futuristes.

Dans un Japon quadrillé par la Police, un groupe de quatre chasseuses de prime sème la terreur parmi les malfaisants de la capitale. De la gamine malicieuse en passant par un clone d'Asuka d'Evangelion, Bakuretsu Tenshi était bien parti pour rejoindre les rangs des nombreuses séries TV nippones de SF sexy. Mais dès le second épisode, nos quatre pétroleuses se retrouvent impliquées dans un complot gouvernemental aux ramifications complexes !

Jouant également en faveur de cette série, la qualité technique atteint un excellent niveau tant au niveau du character design soigné que de l'utilisation d'images de synthèse à foison. Celles-ci adoptent le rendu dit du « cell-shading » (technique permettant à l'image de synthèse d'acquérir l'aspect d'un dessin fait à la main, notamment les contours noirs et aplats propres aux cellulos de dessin animé ; voir par exemple le robot du Géant de Fer, dont les traits de contour imitent le trait d'un crayon à papier, irrégularités et salissures comprises !), déjà vu dans des OVA telles que Sol Bianca, The Legacy. Au staff, nous retrouvons le réalisateur OHATA Koichi (mecha designer sur les illustres OVA de Gunbuster et Dangaïoh), ainsi qu' ORIUCHI Osamu, qui fut character designer sur la série TV de Full Metal Panic et animateur sur Last Exile. Si elle ne révolutionne pas le genre pour le moment, « Baku-Ten » semble prometteuse quant à sa suite, tant du point de vue de l'histoire que de sa forme soignée...


Dan doh !!, le 1er épisode 1ère diffusion : 3 avril 2004


Après le foot, la danse, le volley ball, le ping-pong, le vélo, la cuisine, les colliers de perles, les masques en pâte à sel, les scoubidous... Voici venu le temps du golf ! Tout y est : Dan Doh, le jeune garçon courageux au grand coeur, les copains faire-valoir mais sympas, le rival super doué, les abrutis de service, le coach ancien champion déchu, les effets spéciaux qui brillent quand les balles s'envolent, les bruitages d'explosions atomiques quand le club frappe la balle...

Bref, au-delà de tous ces clichés, il reste un début de série sympathique fleurant bon le graphisme des années 80, académique mais efficace. Un graphisme que l'on doit au réalisateur et character designer OMORI Hidetoshi, qui a entres autres réalisé le sketch Deprive - tiré du film omnibus Robot Carnival - ou encore participé à l'animation du film Space Adventure Cobra. Dans la droite lignée de Hikaru no Go, voici un outsider se démarquant tout simplement grâce à un sujet original.


Kono Minikuku Mo Utsukushii Sekai, les 2 premiers épisodes 1ère diffusion : 1er avril 2004.


La nouvelle production GAINAX reprend une bonne partie de la team de Mahoromatic, pour une nouvelle série aux faux airs de sentaï animé. À la barre, nous avons donc de nouveau le réalisateur SAEKI Shouji (qui officia sur la seconde saison), le character designer TAKAMURA Kazuhiro, ainsi que le scénariste ITAGAKI Shin, qui travailla aussi sur l'animation de... Princesse Mononoké !

Le premier épisode débute par un curieux monologue sur l'évolution des espèces terrestres, et leur inévitable extinction dans le cycle naturel de la vie. L'action se déroule de nos jours, et l'on devine ainsi sans peine quelle est la prochaine espèce sur la liste.... Takeru est un jeune homme un peu désabusé rencontrant un beau soir une jeune fille tombée du ciel ! Celle-ci lui confère le pouvoir de se transformer en une sorte de Devil Man high tech, semant la mort parmi de vils monstres venus troubler l'ordre public. Dès le second épisode, une scientifique venue enquêter s'installe dans la pension de notre héros. Tous les éléments d'un vaudeville charmant et plein d'action se mettent petit à petit en place...

Après cette entrée en matière peu originale, il faut rappeler que l'équipe en charge de cette série est en partie issue de Mahoromatic, une série qui elle aussi était partie d'un sujet ultra commercial et usé jusqu'à la corde (l'anime de maid/soubrette), pour nous offrir dans sa seconde saison un final aussi inattendu que traumatisant ayant surpris plus d'un spectateur ! Cette nouvelle série est-elle aussi une façade, une vitrine commerciale cachant son véritable enjeu comme le fut en son temps Neon Genesis Evangelion ?

Ainsi, il faut attendre la dernière minute du premier épisode pour voir poindre un petit coup de théâtre nous mettant la puce à l'oreille sur les événements à venir dans cette série, en outre très soignée techniquement et graphiquement. Encore une fois, avec le studio Gainax, tout est possible !
 
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