Articles | diversLe 01/08/2001 par Julie BORDENAVEJapan Expo donne de la voix
Japan Expo a mis cette année les voix du dessin animé à l'honneur : des doubleurs aux chanteurs de générique, deux conférences auront permis aux fans de mettre enfin des visages sur ceux qu'on ne voit jamais, et de leur faire part de leur enthousiasme.
Pleins phares sur les doubleurs
Samedi, le podium de l'Espace Austerlitz réunissait quatre invités prestigieux pour une conférence sur le thème du doublage : Brigitte LECORDIER, (voix de Son Gokû et de Conan), Eric ETCHEVERRY, (voix de Gimsy dans
Conan et de Max dans
Max et Compagnie), Annabelle ROUX, (Monsry dans
Conan et Alex de
Cat's Eyes) et Eric LEGRAND, (Végéta dans
Dragon Ball). Raoul DELFOSSE, initialement prévu, n'a pu être présent car il était souffrant.
Avant la conférence, fut diffusé un making-of du doublage de
Conan, le fils du futur : à l'occasion de la ressortie de la série par IDP, un nouveau doublage a en effet été réalisé, utilisant les même voix que la version originale vieille de 13 ans. On put ainsi voir comment se déroulait une séquence de doublage en studio.
Après la théorie, la pratique : pour notre plus grand plaisir, les comédiens doublèrent en direct sur le plateau une séquence de
Conan. D'ordinaire en studio, le doublage s'effectue par séquences très courtes, et sans aucun bruit de fond : en revanche, l'extrait proposé aux doubleurs durait de 3 à 4 minutes, avec la musique et les bruitages. Une performance somme toute assez exceptionnelle ! Puis ce fut au tour des spectateurs volontaires de s'essayer au doublage de cette même séquence... et l'on eut droit à quelques jolis brins de voix.
La rencontre entre artistes et public fut ensuite un moment émouvant : confinés dans l'obscurité des salles de doublage, les comédiens ont rarement l'opportunité de rencontrer leurs fans, ainsi que le décrit Eric ETCHEVERRY :
"Quand on travaille, on est dans le noir du matin au soir. La plupart du temps, on ignore complètement comment le public reçoit le produit ; parfois même, on oublie qu'il sera présenté à des gens. Je suis surpris de découvrir qu'il y a des milliers de fans qui aiment le produit et qui connaissent et aiment mon travail. Je m'en aperçois notamment grâce à Internet." Doubleur de dessins animés, une vocation ?
En effet, pour la plupart d'entre eux, le doublage d'un dessin animé répond davantage à une opportunité qu'à une passion pour l'animation. Comme le rappelait Annabelle ROUX, les doubleurs sont des comédiens à part entière, et le doublage ne correspond qu'à une partie de leur métier. Eric ETCHEVERRY en souligne ainsi l'aspect ludique :
"Quand je double un dessin animé, c'est un peu comme si j'allais au square. Cependant, les qualités requises sont les mêmes que sur scène". Comme pour étayer son propos, ce dernier est en effet très volubile lorsqu'il double une séquence : plutôt grand, il parle avec les mains, et fait participer tout son corps !
Cependant, si aucun des comédiens présents ne vouait un grand amour à la japanimation avant de doubler des dessins animés, leur regard sur cet univers a été transformé par cette expérience enrichissante. Même le plus revêche d'entre eux, Eric LEGRAND, a évolué avec le temps :
"Avant, je méprisais le manga. Maintenant, j'ai changé de regard ; je vois que le produit n'est pas forcément destiné à un public de débiles. Ça m'a profondément bouleversé, et beaucoup gratifié." Submergé de lettres et de coups de fils à l'époque de la diffusion de
Dragon Ball, Brigitte LECORDIER se trouvait évidemment en bonne place pour témoigner :
"On finit par être avalé par cet univers". Et évoquant sa collaboration avec Eric LEGRAND, qui doublait Végéta :
"On l'appelait Végétaline bien sûr ! Je n'arrêtais pas de me moquer de son personnage, car je le trouvais bête, beaucoup moins fort que le mien".
Tour de chant
Autre temps fort de la convention, le plateau de chanteurs organisé dimanche par LogaRythme. Si depuis sa performance à Cartoonist Toulon, Enrique est devenu - avec son
Goldorak - un habitué des plateaux, certains n'avaient plus chanté ces génériques depuis plus de 20 ans. Ce fut le cas par exemple de Michel BAROUILLE, qui a dû reprendre le générique de début de
Sous le signe des mousquetaires... pour cause de cafouillage dans les paroles ! Initiative sympathique : pour accompagner l'interprétation du générique de fin, un groupe de cosplayers a effectué une chorégraphie sur scène.
Jean-Pierre SAVELLI - alias le Peter du duo Peter et Sloane* (!) - a quant à lui calmé les esprits en faisant chanter la salle sur le très contemplatif générique d'
Il était une fois l'espace. Pour ce disciple de Michel LEGRAND, c'était un bel hommage rendu au maître. Plus dynamique, il a fait monter deux jeunes filles et deux jeunes hommes sur le podium pour l'accompagner durant l'interprétation du générique de
X-Or.
Liliane DAVIS a prêté son punch au générique d'
Edgar détective cambrioleur, elle que l'on a entendue plus récemment... dans les choeurs de Frankie VINCENT (
"Vas-y Frankie, c'est bon, vas-y Frankie, c'est bon bon bon...").
Ces rencontres auront donc pleinement satisfait le public. Pour preuve, l'interactivité était totalement de mise, tant pour le doublage - que pour les chansons : ainsi, quelques irréductibles fans qui réclamaient à corps et à cri le générique de
Bioman, décidèrent finalement... de l'entonner eux-mêmes, a capella !! Une effervescence qui s'acheva enfin dimanche en fin d'après-midi, avec les séances de dédicace.
Mascotte © Japan Expo / Onigiri