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Le 01/05/2002 par Nicolas PENEDO

ASAMIYA Kia aux U.S.A

ASAMIYA Kia fait aujourd'hui partie des stars du manga qui peuvent monter un projet à partir de leur seul nom. Auteur de séries cultes comme Silent Möbius, Compiler ou encore Nadesico, le voilà qui se lance à la conquête des USA. Mais qu'est-il allé faire dans cette galère ? Bonne question…

Selon son attaché de presse C.B.CEBULSKY, président de fanboy entertainment, ASAMIYA aurait acquis un statut exceptionnel au Japon. Il ferait partie de ces artistes qui non seulement décident des projets sur lesquels ils ont envie de travailler, mais qui en plus ne subissent plus aucune pression commerciale de la part de leur éditeur.
Une situation en apparence très confortable mais qui ne satisferait plus le mangaka. Rien ne viendrait le stimuler, car cette absence de contrôle le priverait de toute possibilité de challenge. Par contre, il reste un grand fan de super héros devant l'Éternel. ASAMIYA aime les stars des comics US et cite volontiers Mike MIGNOLA (Hellboy) ou Jim LEE (Divine Right) lorsqu'on lui demande quels auteurs l'ont influencés. Fasciné par le marché des comics, il aurait décidé de recommencer à zéro. Les deux premiers travaux qui lui ont été commandés ont été l'adaptation de La Menace Fantôme de Georges LUCAS et le Child of Dreams sur Batman. Si le premier travail est une oeuvre de commande (mais suffisamment remarquable pour constituer une bonne carte de visite), le deuxième est ce que les Américains appellent un labour of love (littéralement : une oeuvre d'amour), ASAMIYA étant un grand fan du Caped Crusader.



Ces travaux d'ASAMIYA ont plu et lui ont permis de se faire connaître. Il faut savoir qu'en plus, plusieurs de ses manga ont été traduits via Fanboy et Viz comics. Silent Möbius, Dark Angel, Steam détectives et Nadesico ont touché les côtes du pays de l'Oncle Sam et ont valu au mangaka l'intérêt des amateurs de manga. Il faut dire que ses histoires ne sont pas exemptes d'influences comics ou TV : Silent Möbius est, de l'aveu de son auteur, inspiré de la série Charlie's Angels (Drôle de dames) et Steam Détectives a subi l'influence du graphisme de Mike MIGNOLA. Dark Angel est un cas à part dans la mesure où, après la décision de Newtype de supprimer la série, Image comics a ouvert les bras à l'auteur pour que la suite soit publiée en couleur et au format comics sous le titre Dark Angel : Phoénix Résurrection. Bien lancé, ASAMIYA va alors livrer quelques menus travaux pour les américains. Chez Dark Horse, il dessine la couverture du numéro 8 de Star Wars Tales et participe à un collectif sur Han Solo dans le numéro 11, avec une histoire de 22 pages qui narre la première rencontre entre Bobba Fett et Darth Vader. Pour DC, il dessine les couvertures des Titans pour les numéros 32, 33, 35 et 36. De son côté, Marvel lui demande de réaliser le poster promo du film des X-Men pour le Japon.



Aujourd'hui, ASAMIYA vit aux USA. Il était installé à San Francisco et a déménagé l'année dernière sur New-York. Depuis, on n'entend plus guère parler de lui. Plusieurs questions se posent face à cette absence apparente d'activités. Le départ d'ASAMIYA pour les USA n'est pas sans ressembler à celui des acteurs ou réalisateurs d'Hong Kong comme Jet LI, Chow YUN FAT ou John WOO. Bien qu'ils soient considérés comme des stars dans leur pays d'origine, leur arrivée aux USA a été difficile. Les Américains avaient émis le souhait de les voir venir avec leur talent et leur personnalité, mais ils les ont ensuite forcés à se plier à leurs règles. D'une manière générale, les Américains n'aiment pas les talents qu'ils ne maîtrisent pas... de fait, c'est peut-être le même problème qui se pose pour ASAMIYA. L'artiste est pourtant prolixe (même si dans les derniers temps de sa carrière japonaise, il produisait peu) et talentueux. Or, mis à part des couvertures, il n'a rien eu de sérieux à se mettre sous la dent. Les éditeurs ont pu estimer que ce genre de travail serait un bon moyen pour le grand public de faire découvrir l'auteur, mais ce serait oublier que les artistes américains eux-mêmes ne sont pas en reste sur ce terrain. Il suffit pour cela de feuilleter Previews, le catalogue des sorties comics, pour s'apercevoir de la diversité et de la qualité des covers proposées par les grandes boîtes comme Marvel, DC ou Dark Horse. Après tout, de nombreux numéros continuent de se vendre uniquement sur la bonne foi de celles-ci. Du coup, le talent d'ASAMIYA se noie dans la masse et ne lui permet pas de montrer de quoi il est capable, car illustrer et dessiner sont deux activités biens différentes. ASAMIYA n'a sans doute rien à gagner à ce niveau-là. On ne pourra aussi que s'étonner de voir que la production de son Dark Angel: Phoénix Résurrection avancer si lentement. Seuls trois numéros sont parus depuis maintenant un an environ. Comment comprendre qu'il soit si lent ? À moins que le problème vienne d'image comics ? C'est une hypothèse peu vraisemblable puisque chez cette maison d'édition, le créateur est propriétaire de son travail. On peut donc écarter toute idée de conflit entre l'auteur et son éditeur.



ASAMIYA est un artiste qui, à défaut d'être original, n'en n'est pas moins apprécié par une bonne partie des passionnés de manga et d'animé. C.B.CEBULSKY vient de révéler que le projet du Mangaverse était bien lancé (voir l'article "Marvel et le manga" disponible dans ce même dossier) et que des auteurs japonais, dont ASAMIYA, étaient en train de plancher sur des projets qui devraient voir le jour sous peu. Peut-être était-ce pour cela qu'on n'entendait plus parler de lui ? Qui sait s'il n'est pas à l'heure actuelle en train de travailler sur un X-men survitaminé ou un Spider-man décapant ? C'est en tout cas tout le mal que ses fans peuvent lui souhaiter.
 
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