Articles | diversLe 01/03/2003 par Matthieu PINONGloubiboulganight 3
Le 24 janvier avait lieu au Grand Rex de Paris la première représentation de la troisième édition de la Gloubiboulga Night, soirée devenue incontournable pour les grands nostalgiques des programmes jeunesse. Certains étaient venus déguisés, d’autres avaient fait leurs vocalises, Casimir s’était mis sur son 31 : tous étaient prêts pour une soirée qui promettait d’être merveilleuse. Mais tint-elle toutes ses promesses ?
Comme tout événement qui sait se faire attendre, c'est avec un retard non négligeable que commença cette soirée... mais bien peu s'en rendirent compte tant l'ambiance était festive. Lancers de ballons, génériques repris en choeur : la vénérable salle de cinéma semblait être transformée en cour de récréation. Le
« maître d'école » (ou de cérémonie) intervint cependant à temps pour rappeler aux grands enfants que le spectacle allait bientôt commencer. Et quel maître, puisqu'il ne s'agissait de nul autre que Casimir, accompagné pour l'occasion de toute l'équipe du
Village dans les Nuages, Christophe IZARD compris!
! Une fois les héros de notre enfance salués comme il se doit, le spectacle pouvait commencer... pour s'interrompre au bout d'une heure ! La première d'une longue série d'avaries techniques venait de frapper. Certes, on ne peut en vouloir aux organisateurs, car les problèmes de ce type surviennent toujours, par définition, au dernier moment. Malgré tout, le programme put être diffusé dans son intégralité, même si souvent interrompu. Mais toutes ces interruptions gâchèrent quelque peu l'ambiance, chacun s'interrogeant plus qu'à son tour :
« C'est déjà la pause ? » « A ton avis, il va durer longtemps, leur problème ? J'ai le temps de sortir ou pas ? Je vais rater quelque chose ? » Car on ne voulait rien rater, à la Gloubi. Si les grands classiques (
Les Mystérieuses Cités d'Or,
Les Maîtres de l'Univers,
Inspecteur Gadget... la liste est trop longue) répondaient présents à l'appel, il fallait rester à l'affût pour profiter des perles repêchées par l'organisation : outre les extraits d'émissions d'époque de l'ORTF, comme
1, rue Sésame, c'étaient de petits bijoux comme
Coco Shaker ou
Super Ted que l'on pouvait retrouver, chacun s'extasiant à qui mieux mieux en revoyant ces images que personne n'avait oublié. C'est ainsi que quelques veinards purent revoir une série quasi-inconnue,
Les amis de Chico, retrouvée par l'équipe des Trésors du Mercredi, série qui n'avait été diffusée qu'une fois en France !
Néanmoins, à couvrir un si vaste panel temporel (du début des années 70 à la fin des années 80) et télévisuel (des séries oubliées comme les
Bubblies aux icônes telles
Jayce ou
Ulysse 31), certains spectateurs finirent par se retrouver un peu « perdus » : trop jeunes pour connaître les dessins animés de Jean IMAGE, ou trop vieux pour avoir regardé
Les Chevaliers du Zodiaque. Tandis que certains s'amusaient, les autres regardaient l'écran avec un certain ennui, ce qui était arrivé au cours des premières éditions de la Gloubiboulga Night lors de la diffusion d'épisodes intégraux de
Tom Sawyer ou d'
Il était une fois... l'espace à 3 heures du matin.
C'est pourquoi un effort colossal a été effectué sur le montage cette année, mêlant titres plus ou moins récents, plus ou moins connus, afin qu'à aucun moment la lassitude ne gagne le spectateur. Pari gagné ? Presque, car si l'hommage consacré à Jean IMAGE était appréciable (et apprécié par les plus vieux), un certain ennui se fit sentir chez les plus jeunes, devant les extraits quelque peu vieillots de ce pionnier du dessin animé. A l'inverse, nombreux sont ceux qui se demandèrent pourquoi un extrait plus que « hot » de
Golden Boy fut projeté sur écran géant : une OAV de la fin des années 90 n'avait aucunement sa place dans un tel programme ! A moins que, via cet extrait, les programmateurs aient voulu montrer un échantillon de dessins animés orientés adultes ? La question se pose...
Quoi qu'il en soit, malgré de nombreux petits incidents, malgré un montage pas encore parfait (mais après tout, aucun grand événement ne peut atteindre la perfection), malgré des petits détails qui peuvent faire une grande différence (si des chocolateries furent distribuées au cours des entractes, aucune autre boisson que le café ne fut proposée !), cette Gloubi 03 aura su marquer le public. Car c'est bel et bien sur lui que repose l'essentiel de l'ambiance, comme le prouve ce karaoke géant de plus de trente minutes ! Et tous, depuis les déguisements (on a ainsi vu un groupe Bioman digne des cosplays de conventions) jusqu'aux concours d'avions en papier, ont su faire de cette nuit un moment unique, une gigantesque fête foraine pour des yeux et des coeurs d'enfants un instant retrouvés. Alors, à l'aube, c'est épuisés et fourbus que tous repartirent, avec néanmoins un grand sourire aux lèvres, en se promettant que la prochaine fois, c'est sûr, on reviendrait, et on ferait encore mieux.