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Le 01/08/2003 par Matthieu PINON

La fièvre du dimanche soir

Japan Expo 2003 a été l’occasion pour la société Euphor de tester leur nouveau spectacle, Manga Fever, dans des conditions optimales, avant d’organiser une future tournée. Mais plus qu’une répétition générale, c’est bel et bien à un véritable spectacle auquel le public a eu droit vendredi et dimanche.

On se souvient avec émotion des concerts Master Génériques Live organisés par Loga-Rythme ces dernières années durant les conventions comme Cartoonist ou Japan Expo. Les chanteurs originaux des génériques des dessins animés diffusés dans les années 80 à la télévision se produisaient sur scène pour les réinterpréter, dans des versions les plus fidèles possibles aux originales.
Cette année, Yves HUCHEZ a vu les choses en grand, et produit un véritable show de deux heures. Quatre chanteurs (parmi lesquels ENRIQUE, interprète de Goldorak et Valérie BAROUILLE, qui chanta Jeanne et Serge), sept musiciens, et une troupe de treize danseurs étaient là pour en mettre plein les yeux et les oreilles à un public conquis d'avance.

Après un court passage où les musiciens se laissent aller à des solos, la musique interprétée devient de plus en plus familière, et les vidéos projetées sur les trois écrans géants achèvent le doute qui planait : nous venons d'entrer dans l'univers des Mystérieuses Cités d'Or. Sept danseuses en tenues Inca interprètent un ballet saisissant, et le public estomaqué par cette introduction somptueuse hurle à pleins poumons quand les chanteurs apparaissent, pour reprendre en choeur le mythique générique. L'ambiance est déjà extrême, et l'apparition de Valérie ne fait que la renforcer, à plus forte raison qu'elle vient interpréter les chansons de Candy. Si Au pays de Candy est connu par tous, les mélodies plus calmes de Candy s'endort et Qu'elle est loin ton Amérique, Candy permettent aux spectateurs de reprendre leur souffle. Et ils vont en avoir bien besoin, car, après Dragon Ball illustré par un combat Son Goku VS Ten-Shin An apparaît (enfin) ENRIQUE, le ténor à la voix d'or qui obtient toujours un succès phénoménal avec Goldorak, le public communiant avec lui en hurlant « Goldorak, GO ! ». Disponible et pour les nostalgiques, et pour les fans puristes, le chanteur prit même un malin plaisir à interpréter a capella le premier couplet du générique en japonais !
Mais à peine le ténor reparti, avons-nous droit au premier tableau du spectacle, basé sur l'univers des séries live. Les génériques de X-Or, San Ku Kaï et Bioman s'enchaînent, de même que les katas des danseurs ayant revêtu les tenues de lumière des super héros sus cités, sous les applaudissements, les cris et les chants. Tout le monde en redemande !
C'est là qu'intervient le premier couac du spectacle. Une tentative de remise au goût du jour de Tom Sawyer, même si réalisée avec soin, fait bondir les puristes hors de leurs fauteuils, outrés par les riffs de guitare et les longues notes de la chanteuse. Mais la crise est de courte durée, car le tableau à venir va satisfaire tout le monde.



C'est en effet le sport qui est mis à l'honneur, et quand on connaît le nombre de séries animées sportives qui ont envahi les petits écrans, on imagine bien la longueur de cette séquence. Ce sont donc Jeanne et Serge, Olive et Tom, Cynthia, ou encore Judo Boy (sur une moto miniature !) qui sont apparus en chair et en os sous nos yeux, entre autres, dans une scénographie impeccable, pour tous revenir sur l'air de Graine de Champion ou du générique de fin de Sport Billy, chansons peu connues du grand public et prouvant aux puristes que eux aussi pouvaient y trouver leur bonheur.
Tout le monde repart en coulisses sous les applaudissements des spectateurs, et la salle, plongée dans l'ombre, attend patiemment la suite du spectacle. Les notes du générique japonais de Cat's Eye emplissent la salle, mais pourtant, rien ne se passe sur la scène ! Et pour cause... Trois silhouettes gracieuses se faufilent dans les escaliers, une lampe torche à la main, et arrivent sur scène pour y dérober l'affiche du spectacle. Les sirènes retentissent, et c'est une (sic) Quentin Chapuis débordé qui s'évertue à arrêter les voleuses, avant que le générique français ne soit interprété par les musiciens et les chanteurs, dans une atmosphère survoltée.



Et cela continue de plus belle durant encore une heure, avec des génériques comme Inspecteur Gadget ou Vanessa entrecoupant des tableaux thématiques, comme celui sur les animaux (Bouba, Les petits malins, L'Oiseau Bleu, Bibifoc...) ou sur les mousquetaires, avec pas moins de quatre génériques. Le public n'en peut plus, applaudit à tout rompre, crie son bonheur, chante à tue-tête, et c'est sous un déluge d'ovations que le final se déroule, sur l'air de Capitaine Flam, regroupant tous les acteurs de ce show phénoménal, dans un délire de lumières et de cotillons.
Malgré quelques petites imperfections (confusion dans les paroles, fausses notes sur des solos...) le professionnalisme de toute la troupe est tout autant responsable du succès du spectacle que l'affection portée aux génériques interprétés. D'ailleurs, bien peu réalisèrent le travail gigantesque organisé pendant un an pour concrétiser cette idée, que ce soit les performances des danseurs ou celles des musiciens jouant en direct les morceaux. C'est là l'un des points permettant d'affirmer qu'un spectacle est bien monté.

Quant aux quelques tentatives de mise au goût du jour de chansons vieilles de vingt ans, elles sont apparues non pas comme une volonté de gagner aisément de l'argent, mais comme un moyen supplémentaire de faire une fête contemporaine, plus qu'un hommage poussiéreux ressemblant aux soirées spéciales Mike BRANT, fond de commerce de certaines chaînes TV. C'est donc un spectacle inter-générationnel, plus dynamique et moins élitiste qu'une Gloubiboulga Night, qui est prêt à prendre la route pour une éventuelle tournée nationale (après une phase test dans le Sud de la France). L'organisation extrêmement professionnelle de la Manga Fever lui promet un avenir plus que radieux, et un succès promis auprès d'un public bien plus large que le cercle des animefans : c'est tout ce que l'on souhaite à ce spectacle plus tourné vers le futur que le passé.
 
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