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Le 01/08/2003 par Matthieu PINON

Cosplayeurs sur tapis rouge

Japan Expo est appréciée pour ses activités bien rôdées, mais surtout pour ses initiatives,remportant généralement tous les suffrages,comme le Sushi Quiz, par exemple. Cette fois-ci, c’est au sacro-saint cosplay que les organisateurs se sont attaqués.

Non contents del'avoir scindé en deux représentations (lessolos le samedi et les groupes le dimanche), ilsont créé une véritable cérémonie de remise desprix, digne des plus grands shows, et à lahauteur du travail fourni par les cosplayeurs.




Dans le microcosme festivalier de l'univers japanimation, se trouvent des jalons chronologiques incontournables : le premier festival de Corbeil-Essonnes, le premier Cartoonist, le désormais mythique cosplay Ken le survivant, etc. Désormais, ceux qui étaient présents à la première cérémonie des Momos d'Or savent qu'ils y ont vécu un de ces moments historiques. Et pourtant, cela commençait sous les pires auspices.



Le Manga Fever s'est terminé, et le public quitte l'amphithéâtre du CNIT. Il est 17h50, et le salon va fermer ses portes, comme le rappellent sans cesse les annonces micro. C'est avec deux heures de retard que les préparatifs de la cérémonie commencent. Hélas, avec la fin de la convention, les premiers départs de certains organisateurs et techniciens, et le début du rangement, les problèmes techniques se multiplient. Un Kamel épuisé s'efforce de faire patienter une poignée d'irréductibles qui ne veulent pas rater le show (environ 300 personnes dans l'amphi), soutenu par Davy, d'Une Case en Moins pendant qu'en coulisses, on cherche des solutions à ces imprévus de dernière minute. Finalement, les spectateurs eux-mêmes, sous l'impulsion de Kamel, montent sur scène pour chanter, voire faire un strip-tease (sic), dans une ambiance bon enfant. Après tout, deux heures ou deux heures trente de retard, la nuance est minime.



Enfin, le spectacle peut commencer. C'est un Cham radieux dans son smoking qui ouvre la cérémonie, dans la grande tradition des festivals cinématographiques (Cannes, Oscars...). Des extraits vidéo du cosplay sont projetés sur les écrans géants, rappelant les performances de chaque lauréat. Préparée dans les moindres détails, la cérémonie se permet même des blagues rappelant Billy CRISTAL lors de sa présentation des Oscars. On voit ainsi Davy, ayant oublié l'enveloppe contenant le nom de la lauréate du cosplay féminin, courir en coulisses, alors qu'immédiatement se déclenche une vidéo hilarante réalisée par Une Case en Moins, nous montrant l'étourdi faire l'aller-retour CNIT-Annonay (son village ardéchois) en trois minutes, pour finir en parfaite synchronisation avec son retour sur scène.Tout continuait pour le mieux, quand quelques petits défauts minimes firent leur apparition, mais suffisants pour gâcher le spectacle. Ainsi, l'ordre dans lequel étaient inscrits les nominés sur la liste de CHAM différait de celui du montage vidéo : de ce décalage entre la lecture et les images naquit une confusion telle qu'à certains moments, la vidéo du groupe lauréat apparaissait avant même que leur nom ne soit cité, brisant ainsi tout suspense. Cependant, voir les vainqueurs monter sur scène pour recevoir leur trophée, de véritables petites statuettes dorées représentant Momo, la mascotte de Japan Expo, sous les acclamations du public était un vrai régal. Qui plus est, la cérémonie ne s'est pas contentée de trois prix (meilleurs cosplays masculin, féminin, et de groupe) mais a fait durer le spectacle avec des prix spéciaux (meilleure chorégraphie, originalité, ressemblance...) permettant à certains cosplayeurs de se démarquer singulièrement du lot. Mais cette bonne idée se révéla bientôt à double tranchant : ce sont toujours les mêmes groupes qui revenaient dans les nominations, et les prix spéciaux furent en énorme majorité partagés entre ces quatre groupes.



Au final, avec les Momos d'Or, les organisateurs de Japan Expo (et surtout du cosplay) ont encore prouvé qu'ils avaient des idées à revendre. Hélas, de nombreux petits problèmes ont émaillé cette première cérémonie, mais sont très facilement corrigeables à l'avenir. Le seul moyen de le savoir, et de vérifier si, comme on le pense, les Momos d'Or deviendront incontournables, est de se rendre à la deuxième cérémonie l'an prochain. En tout cas, nous, on y sera.
 
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