Articles | internationalLe 01/08/2002 par Stephane FERRANDLe jour qui fit trembler le monde
1945. La guerre mondiale arrive petit à petit à son terme. Les offensives allemandes se sont heurtées à l'entonnoir de la Russie qui coûta en son temps le même prix à un autre conquérant : Napoléon. Hitler donc est en pleine débâcle, les Etats-Unis ont prit le fort du conflit à leur charge et opèrent en Europe comme en Asie. Le bras de fer du pacifique s'inscrit alors comme une guerre dans la guerre, tournant à un affrontement nippo-américain.
Le 7 décembre 1941 la flotte aérienne japonaise décolle pour fondre sur Pearl Harbor, base sous contrôle américain. Ceux-ci perdront dans l'attaque 18 bâtiments, coulés ou gravement endommagés, 188 avions et 2.400 hommes contre 29 avions, 5 sous-marins de poche et 55 aviateurs du côté japonais. Cette attaque marqua le début de l'affrontement américano-japonais.
Ce conflit entre les deux nations fut marqué par nombre d'actions inhumaines, dont notamment l'apparition des Kamikaze. De fait, le président des USA entérinait pour sa part la mise en action de ce que les chercheurs développaient dans le plus grand secret autour du nom Projet Manhattan : une bombe atomique.
Dans le désert du Mexique les scientifiques américains développèrent la capacité d'une bombe, à partir de 1940, générant une réaction en chaîne de fission nucléaire. Le principe de la fission, vulgarisé ici, consiste à envoyer un neutron percuter un atome d'Uranium 235 (radioactif), ce qui a pour effet de générer d'autres neutrons allant percuter d'autres atomes et ainsi de suite (réaction en chaîne). La réaction entraîne alors l'émission de rayons Alpha, Beta, Gamma et Neutrons. Les deux premiers sont absorbés par l'air, les deux seconds sont mortels jusqu'à 5 km autour du point d'explosion. A cela, il faut rajouter, hors l'impact même de l'épicentre, les émanations du souffle, destructeur, et de la chaleur générée par l'explosion. Enfin, après la bombe, il faut considérer les retombées radioactives dont l'exposition conduit à des dommages d'ordre génétiques. La bombe, pour sa part, doit exploser dans l'air, et à une distance précise du sol.
Ayant par avance testé les effets de la bombe atomique, notamment sur des soldats américains désignés volontaires et tenus dans le secret de cette destinée, les USA chargèrent donc la bombe "Little Boy" sur l'avion B-29 Enola Gay, le 5 août 1945, en toute connaissance de cause, depuis l'aéroport militaire américain de Tinian, dans les îles Mariannes.
Du point de vue américain, la décision de lancer la bombe s'entendait de diverses manières. L'horreur que véhiculait la seconde guerre mondiale, avec notamment le fait des camps de concentration, permettait d'envisager une destruction massive de civils sans que la moralité ne s'en offusque trop, surtout s'il s'agissait de mettre un terme à la guerre. De fait, les USA présentèrent principalement cet argument pour justifier a posteriori leur acte. Il est vrai que devant une telle détermination aveugle, le Japon capitula sans conditions, se mettant sous un joug américain dont les traces demeurent encore aujourd'hui, près de 60 ans plus tard.
Mais surtout, 1945 apportait une recomposition dans la donne du pouvoir planétaire que les américains ne pouvaient envisager qu'à leur avantage. L'objet de leur inquiétude véritable : l'URSS. Seule alternative à l'hégémonie de Washington, l'URSS, en bloquant HITLER, marquait alors un grand pas sur l'échiquier mondial et devenait La véritable menace pour les américains. Ceux-ci livrèrent ainsi un message clair au monde et à l'URSS par le largage de "Little Boy" sur Hiroshima, signifiant à la planète entière l'ampleur de leur force et le cynisme de leur détermination. S'il fut encore besoin de s'en convaincre, rappelons que "Fat Man", la seconde bombe nucléaire, fut lâchée sur Nagazaki alors que le Japon était prêt à accepter la reddition sans condition. Plus donc que l'impact technologique que pouvait représenter la bombe atomique, c'est plutôt la "capacité à exterminer civils comme militaires" qui amenait les gouvernements à craindre les Etats Unis. Ce fut le début de la Guerre Froide.
Pearl Harbor fut néanmoins l'occasion inespérée pour lancer la bombe sur Hiroshima. Cette ville enfin fut choisie en raison des excellentes conditions météo qui régnaient ce jour là.
C'est à 8h05 du matin que le Colonel Paul TIBBETS, pilote de l'Enola Gay lâcha la bombe de 4.5 tonnes qui explosa à 600 mètres au dessus d'Hiroshima. La boule de feu créée par l'explosion mesurait 1 km de diamètre pour plusieurs millions de degrés. La bombe généra une pression de très haute densité et un vent atteignant les 1550 km/heure en son épicentre (5 fois la force d'un gros ouragan), pression équivalente à 3.5 Kg par centimètres carrés. A 1 kilomètre et demi de l'épicentre, le vent soufflait encore à 300 km/heure. Toute construction fut rasée. Le nuage atomique créé par l'explosion d'éleva à plus de 9 km au dessus du sol japonais. On considère officiellement que l'explosion d'Hiroshima aurait tué environ 200 000 personnes. L'exposition aux radiations causa bien entendu des dommages à plus longue échéance. Nombreux furent ceux qui trouvèrent la mort quelques mois après l'explosion, aussi nombreux furent ceux qui survécurent, mais soit furent frappés de stérilité, soit donnèrent naissance à des enfants mal-formés.L'engin thermonucléaire le plus puissant révélé au public est 6000 fois plus destructeur que la bombe d'Hiroshima. Il a été testé par l'ancienne U.R.S.S. le 30 octobre 1961. L'onde de choc fit trois fois le tour de la Terre.