Articles | diversLe 01/05/2001 par Stephane FERRANDCosplay à Toulon
Depuis l'arrivée du Cosplay en France, cette manifestation n'a eu de cesse de passionner le public et s'est répétée au fil des conventions, gagnant en qualité au fur et à mesure que le nombre de participants augmentait. Quoi qu'il en soit, chaque édition brille par sa bonne humeur permanente et le plaisir de se faire plaisir. En cela, le Cosplay 2001 du Cartoonist de Toulon fut un moment exceptionnel.
Le Cosplay est une spécialité née au Japon. Les participants s'y exposent dans des tenues aussi surprenantes que diverses. Le but du jeu est en fait de se déguiser en son personnage préféré et de l'incarner lors d'un concours, à travers une mise en scène rappelant un moment de la série originale. En France, les animefans ont depuis longtemps relayé le principe, surtout sur des séries de japanime, avant que cela ne s'officialise via des concours organisés.
Ils vinrent ainsi plus de 200, garçons, filles et groupes, dans la grande salle du palais Neptune bondée à craquer de centaines de fans venus encourager les participants. 200 courageux amateurs de manga, pour incarner des dizaines de personnages de tout poils... au sens propre du terme. Nous eûmes ainsi droit à du
Kenshin, du Cerberros de
Sakura, du
Devilman, de l'
Evangelion, du
One Piece, du
Détective Conan, du
City Hunter, du
Hunter X Hunter, du
Cat's eye, du
Escaflowne et on s'arrêtera là parce que ce serait interminable. Par contre, de franches surprises attendaient les spectateurs. Tout d'abord, on a pu remarquer la présence soutenue de groupes de Visual Rock. L'effort ne portait certes pas sur les costumes, pour la plupart achetés, donc sans effort de fabrication, mais les membres de ces groupes livrèrent une vraie chorégraphie, inspirée et complexe qui sut séduire le public. Autre particularité de ce Cosplay, la présence importante de costumes portant sur des séries des années 80, clins d'oeil nostalgiques à toute une génération. Alors que les soirées GloubiBoulga Night connaissent un franc succès partout en France, on pouvait retrouver au Cosplay de Toulon,
Les Mystérieuses citées d'or,
Les mondes engloutis, et même un inattendu duo présentant la série
L'âge de crystal.
Cherchant à toujours plus coller à une exigence de réalisme, on vit même monter sur scène de petits enfants, peu rassurés il est vrai, pour incarner Télémaque (
Ulysse 31), Conan (
Détective Conan) et
Les Minipouss. Ils furent dignement fêtés par un public respectueux devant l'effort courageux de ces mini-cosplayer.
Près de trois heures durant, les participants défilèrent, certains se fendant d'un morceau du dialogue de leur série choisie comme pour
Lady Oscar, d'autres retraçant une scène entière de leur dessin animé, tous mimant les attitudes et gestuelles de leurs héros ou héroïnes. Un jury impartial notait chaque passage selon des critères de beautés des costumes et d'efforts de fabrication. Une notation impartiale certes, mais qui porte peu à conséquence, la plupart des acteurs de cette manifestation défillant moins pour les lots remportés que pour l'esprit festif. À ce titre les organisateurs tentent de supprimer les lots habituels au profit de récompenses plus symboliques style médailles ou plaque en verre gravée.
L'un des avantages du Cosplay est que la démonstration de ces passionnés ne s'arrête pas à la descente de la scène. Certes, ceux-ci passent des mois entiers à préparer un costume et une chorégraphie pour seulement une ou deux minutes de passage, mais en plus, on peut les croiser tout le week-end dans les allées du salon, pour la plus grande joie des badauds. Cela aussi contribue à la bonne humeur d'un salon, et permet de conserver cette ambiance irréelle qui domine dans les allées d'un salon. Le Cosplay est ainsi un symbole important, quant à comprendre cet étrange public que celui des fans de manga et d'anime. Car c'est tout un esprit festif qui s'exprime dans le Cosplay. La passion est encore jeune et pure de ces amateurs japonisants et ni dans la franco belge ni dans les comics on ne peut voir de telles manifestation. Manga et animation japonaise sont ainsi des passions interactives, où tout un chacun, des exposants au public, cherche à s'investir.