Articles | diversLe 01/05/2001 par Julie BORDENAVEDes acteurs de Live
Pour son édition 2001, Cartoonist a mis les séries live à l'honneur. Pas moins de treize invités, dont le mythique OBA Kenji (alias X-Or). Bien que les acteurs aient été présentés comme acteurs de sentaï, soulignons qu'aucun n'a jamais joué dans un véritable sentaï !
Des invités prestigieux
Deux conférences de presse, vendredi et samedi matin, rassemblaient les têtes d'affiche de ce XIème festival. Deux dessinateurs : NONAKA Minoru, dessinateur de la BD officielle de
X-Or, et HABARA Nobuyoshi, character designer de
Dancougar. Des acteurs de série live : OBA Kenji, alias
X-Or ; NARIKAWA Tetsuo, l'acteur de
Spectreman ; WATARI Hiroshi, alias
Sharivan (le successeur de
X-Or). Enfin, l'équipe de Wecker (présenté en avant-première au festival), dont son réalisateur HATAZAWA Kazuya.
Dans un premier temps, louanges à la formule française qui mêle amateurs et professionnels ; en l'occurrence, force est de constater que les professionnels furent peu nombreux à se déplacer pour la conférence de presse (8 journalistes dans la salle le premier jour...)... à croire qu'elles étaient programmées trop tôt !
Comme le rappelaient Messieurs HABARA et NONAKA, il n'existe pas d'équivalent de Cartoonist au Japon : les nombreux comickets sont destinés seulement aux fans de manga et de cosplay. À l'heure actuelle cependant, des professionnels s'y rendent également, pour vendre des oeuvres méconnues ou des brouillons, lesquels deviennent par la suite des collectors.
M. NONAKA, venu en France il y a 18 ans, à l'époque de la diffusion de
X-Or, voulait présenter sa BD à un public déjà largement conquis par le shérif de l'espace :
"OBA Kenji est attendu comme le Messie ! Une jeune fille a même pleuré d'émotion ce matin après lui avoir serré la main : elle voulait épouser X-Or quand elle était petite." Discret et conciliant, OBA Kenji, s'est prêté de bonne grâce aux multiples assauts de ses nombreux fans (
"et une photo à côté de la moto, M. OBA, et une à côté de mon petit copain, et une position de kung-fu...")
Un peu de chronologie...
Selon M. OBA,
Kamen Rider et la première série à avoir installé les bases d'un genre. Au Japon,
Spectreman arrive après
Ultraman. Trois mois plus tard, d'autres séries live sont diffusées : c'est l'âge d'or des super-héros, les transformations étant très à la mode. Chamboulement alors dans la grille des programmes télévisuels japonais : le vendredi à 19h30, c'est la Golden Hour. D'ordinaire, seuls des programmes pour filles sont diffusés.
X-Or va changer la donne, et c'est un énorme succès.
Au milieu de ces séries live, un OVNI débarque à la fin des années 70, surfant sur la vague du succès de
Star Wars :
San-Ku-Kai. OBA Kenji, apparu à quelques reprises dans le rôle de Staross, se souvient des contraintes du rôle :
"Je passais beaucoup de temps à observer les mouvements de bouche et de bras de l'acteur qui jouait d'ordinaire Staross : dans le costume, on ne voyait que le bas de mon visage." Le Fantôme de
San-Ku-Kaï était joué par SANADA Hiroyuki, qu'on a pu voir récemment dans les salles (
Ring, de NAKATA Hideo). Mais cette destinée reste rare : SANADA, qui s'entraîne depuis l'âge de 4 ans, est entré dans la JAC (Japan Action Club) alors qu'il n'était encore que collégien. La plupart du temps, les acteurs de série live poursuivent leur carrière dans des feuilletons dramatiques, généralement assez larmoyants.
Pour sa part, M. OBA ne veut participer qu'à des séries d'action :
"si je suis encore capable de jouer à 60 ou 70 ans, pas de problèmes !" OBA Kenji a tenu à rappeler l'importance de la JAC au Japon, créé pour former des acteurs cascadeurs. OBA Kenji fut l'un des premiers à y entrer, et l'a représentée avec fierté durant un an sur le tournage de
X-Or. En effet, les acteurs des séries live sont de véritables sportifs, à l'image du pionnier NARIKAWA Tetsuo. Le rôle de
Spectreman lui a été attribué très subitement, un autre acteur étant initialement prévu pour le pilote de la série. En tant que sportif de haut niveau, M. NARIKAWA a donc eu du mal à faire un choix entre ses deux carrières. Autant dire qu'il a compilé les deux, puisqu'il a créé en 1983 sa propre école de karaté, à vocation internationale.
Les acteurs de la JAC s'influencent mutuellement : il règne une grande notion d'honneur au sein du club. WATARI Hiroshi, alias
Sharivan, se réclame le disciple d'OBA Kenji ; lequel voue, encore aujourd'hui, le plus profond respect à son propre Maître (qui a par la suite joué dans
Storm Riders).
Vers une mondialisation du Sentaï ?
L'on put voir M. NONAKA un brin embarrassé, mais toujours diplomate, lorsqu'un journaliste lui demanda d'évoquer ses impressions à propos du travail de SABAN (
Power Rangers) :
"C'est un commentaire très dur à faire ! Comme le dit OBA Kenji :
"il n'y a pas d'amour là-dedans". Ce qui compte, c'est la passion de la réalisation." Accessoirement, M. NONAKA souhaiterait revoir du shérif de l'espace sur les écrans. Ayant visionné quelques épisodes de
France Five, le mangaka s'exclama avec enthousiasme :
"je serais curieux de voir ce que donnerait une production française !" Tandis que M. NONAKA s'interrogeait sur la mondialisation du sentaï (!), M. HABARA constatait que les cultures ne cessaient de s'interpénétrer, tant au niveau des styles de dessin que des goûts du public : les
PowerPuff Girls ont par exemple beaucoup de succès auprès des enfants japonais. Il avouait également aimer beaucoup des auteurs de comics américains tels que Mike MIGNOLA. Mais surtout, comme beaucoup de mangaka, il voue une grande admiration à MOËBIUS. Scoop : deux oeuvres japonaises, très connues en France, vont être adaptées à la manière de MOËBIUS. Leur nom : top secret !
Oeuvre indépendante,
Wecker fut tournée à ses débuts avec des fonds personnels, rappelait son réalisateur HATAZAWA Kazuya. Les conditions de tournage dans le froid -notamment à la montagne- furent assez dures (surtout pour la jeune actrice, très court-vêtue pour les besoins du tournage...). Sans parler du rythme effréné : lors d'un tournage, trois épisodes furent tournés en quatre jours.
Pourquoi d'ailleurs avoir choisi la France pour présenter l'avant-première de
Wecker ? HATAZAWA Kazuya avait rencontré au Japon quelques français fans de sentaï. Etonné et ravi de trouver un public qui assume son intérêt pour les séries live (lesquelles sont censées s'adresser uniquement aux enfants au Japon, à la différence du dessin animé qui touche tous les publics), cela lui a alors donné l'idée alors de le présenter en France... pour lui donner du courage avant son lancement aux États-Unis et au Japon.
En clôture de festival, les invités (rejoints pour l'occasion par l'équipe de
France Five) ont livré une performance croisée devant une salle Vauban en délire, juste avant les dessins exécutés en temps réel par MM HABARA et NONAKA.
Un épisode anniversaire de
Spectreman ? NARIKAWA Tetsuo ne le souhaite pas, préférant rester sur un bon souvenir. Mais NONAKA et OBA Kenji l'ont certifié à nouveau devant un public comblé : un retour de
X-Or sur les écrans... pourquoi pas ? ! ! !