Articles | diversLe 01/05/2001 par Julie BORDENAVEOlivier GILBERT
Organisateur du Cartoonist depuis sa création, Olivier GILBERT progresse pas à pas au fil des années pour donner une véritable convention, chaque année, aux fans d'animation et de manga. Encore une fois, pour cette édition, le pari est remporté haut la main, avec une fréquentation en constante hausse et de beaux projets.
AnimeLand : Olivier GILBERT, bonjour. Première remarque par rapport à l'édition 2001 de Cartoonist : Mrs OBA, NONAKA, HABARA, WATARI, HATAZAKA plus leur petite famille : comment gère-t-on 13 invités japonais ?
Olivier GILBERT : En plus de nos traducteurs habituels, nous avons fait cette année appel à sept interprètes supplémentaires. L'équipe s'articule d'ordinaire autour de Pierre GINER, qui travaille au Japon chez l'éditeur vidéo Dynamic Visions. Depuis 1995, il est le représentant de Cartoonist au Japon, et a donc un contact direct avec les invités. Cette année, chaque interprète suivait un invité, lesquels sont venus pour une durée plus longue que d'habitude : c'est mieux, même si ça revient plus cher !
AL : Pourquoi Cartoonist s'est-il cette année tourné spécialement vers le sentaï ?
O.G. : Cela répond à une demande du public : le sentaï appartient à la mémoire collective, au même titre que des séries phares comme
Albator. Pierre GINER est également un grand fan de sentaï, on en parlait depuis un petit moment. C'est intéressant d'ouvrir le salon à d'autres disciplines que le dessin animé.
AL : Les invités ont reçu un accueil très favorable de la part du public français : comment perçoivent-ils cet engouement ?
O.G. : Chaque année, les invités japonais sont surpris et touchés de leur succès en France ; ils sont souvent émus de provoquer une telle effervescence si loin de chez eux.
AL : Parlez-nous un peu de la bande annonce de
Hadès ?
O.G. : C'est un projet monté par une équipe de passionnés, autour de Jérome ALQUIÉ, qui expose chaque année au salon. Les Japonais n'étant apparemment pas pressés de donner une suite à
Saint Seiya, l'équipe française a réalisé cette bande-annonce dans un graphisme proche de celui de ARAKI Shingo . Nous n'avons jamais entretenu d' ambigüité au sujet de ce projet : ce n'est pas la bande annonce officielle, nous l'avons présentée dans le catalogue en tant que programme au même titre que les autres. C'est un projet destiné entre autres à susciter l'intérêt de financiers, et à relancer les gens qui avaient travaillé dessus auparavant.
AL : Vous avez également présenté l'avant-première de Wecker, la nouvelle série de HATAZAWA Kazuya. Est-ce une habitude à Cartoonist de présenter des avant-premières ?
O.G. : Oui, on essaie d'en proposer le plus souvent possible, car Cartoonist est relativement bien vu dans le milieu des conventions : on essaie donc de proposer de l'inédit.
AL : Selon les premières estimations, combien de visiteurs pour Cartoonist 2001 ?
O.G. : L'an dernier, il y a eu à peu près 15 000 visiteurs. Cette année, nous pensons avoir atteint les 20 000 à vue de nez : par exemple, les autres années, nous n'avions consacré que le premier étage aux stands, tandis que cette année, ils s'étalaient sur les trois niveaux. De la même manière, chaque année, le Palais est relativement calme pendant le Cosplay : cette année en revanche, la salle Vauban était pleine, 1000 autres personnes attendaient dehors, et des gens assis regardaient la retransmission devant les postes. Les premières estimations se font d'après les entrées, mais nous attendons encore les chiffres des pré-ventes FNAC et Virgin.
AL : Comment comptez-vous gérer le surplus de visiteurs l'an prochain ?
O.G. : Nous pensons nous étendre hors du Palais Neptune, et installer des chapiteaux géants sur la place. Nous proposerons un maximum de confort pour les exposants et le public.
AL : Pourquoi le prochain Cartoonist se tiendra-t-il à Paris en novembre 2001 ?
O.G. : Cartoonist débarque en effet en novembre à la Villette, suite à la demande de nombreux particuliers et exposants. Paris remplace donc l'édition de Brest : nous étions motivés au départ pour le faire à Brest car les premières pétitions venaient du Finistère. Mais nous avons décidé de changer de ville, car malgré les 2 millions que rapportaient le salon dans le domaine de l' hôtellerie et de la restauration, nous n'avions pas assez de reconnaissance de la part des institutions publiques. Or, Cartoonist ne fonctionne qu'avec des bénévoles, même l'interprète Pierre GINER prend sur ses vacances pour venir chaque année. La Villette pourra accueillir 300 exposants, contre 100 à Toulon.
AL : Pour finir, quel est votre 1er bilan à chaud ?
O.G. : Je suis très satisfait dans l'ensemble de cette édition 2001. Il faut certes noter que plus une manifestation prend de l'importance, plus le public devient exigeant : il y a donc des améliorations à apporter, les bénévoles n'ayant pas forcément des réflexes de professionnels de l'événementiel. Le principal problème cette année venait du fait que trop de films amateurs ont été présentés. Le timing n'ayant pas pu être respecté, nous avons été obligés d'annuler des choses. Nous allons travailler dessus pour l'an prochain.