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Le 01/07/2001 par Nice sensei

Karekano

Kareshi Kanoko No Jijô alias Karekano est un manga de TSUDA Masami. Sa publication débute en février 1996, dans la revue LALA, et s'achève en Janvier 2000. Les 9 volumes reliés que compte (pour l'instant) la série sont sortis chez HAKUSENSHA dans la collection HANA TO YUME.

MIYAZAWA Yukino est une élève modèle qui fait l'admiration de son entourage. Un jour, ARIMA Sôichirô, son rival, découvre sa vraie nature puis lui avoue ses sentiments ! Des personnages attachants confrontés à des situations variées viendront agrémenter le tout.



L'auteur met en exergue l'âge ingrat sur le thème de l'amour. L'adolescence est une renaissance. Des pressions intérieures émergent et font douter, le carcan familial ne suffit plus, l'ado se tourne naturellement vers l'amitié puis l'amour, ce sont ses nouveaux appuis. Le besoin de respirer se fait ressentir mais cette liberté est somme toute relative. En effet, aimer c'est dépendre de quelqu'un, c'est un choix et une souffrance. L'auteur nous prouve que l'amour est totalement incompatible avec l'esprit d'indépendance. Sôichirô éprouvera un attachement exclusif pour Yukino, ce qui le rendra ombrageux et jaloux. Takefumi souffre d'aimer sans être payé de retour. L'amour est le détonateur d'une introspection pour Yukino et Sôichirô, pour celui-ci c'est aussi une bouée de sauvetage. Tsuda-sensei nous offre un panel de jeunes tous bien différents : Tsubasa est aux prises avec le remariage de son père. Ayant reçu et donner un amour exclusif depuis sa naissance, l'arrivée de l'intruse, accompagnée de son fils, est mal vécue par la jeune fille. Takefumi souhaite faire payer à Sakura ses humiliations passées, mais surtout sa désinvolture lors de son départ. Cette motivation le poussera à d'importants changements tant physiques que psychologiques. L'insaisissable Sakura joue à fond la carte de l'indépendance et Maho se partage entre un amour de dentiste et une admiration sans borne pour Yukino. Hideaki est à la recherche de l'âme soeur qu'il trouve en chacune des filles et de l'amour paternel. Il jette son dévolu sur Sôichirô.



Les couvertures ne paient pas de mines. Le manga observe le code shôjo : le dessin est épuré et va à l'essentiel, le décor se résume au strict minimum, les fleurs apparaissent avec parcimonie. TSUDA-sensei a le sens de l'humour. Ses planches sont remplies de SD. Si les tourments se jouent intérieurement, les réactions sont, elles, visibles extérieurement. Il n'est pas rare de voir le trait s'arrondir exerçant un fort contraste avec les insolubles interrogations de la jeunesse. Le procédé est un habile moyen de communication. Il montre que les problèmes, quoique sérieux, n'en sont pas moins courant à cet âge.



Quand KAREKANO rime avec psycho



Le titre fait partie de cette vague qui a pris son essor à l'aube des années 90 et a posé les bases d'une nouvelle orientation personnelle et collective. Le manga explore un panel de relations adolescentes : amour, amitié, substitution.
Ici, point d'histoire fantastique ou romantique servant à dégager la personnalité de chacun, mais un récit décrivant les angoisses et les heurts d'ados.
Le marasme économique dans lequel se débat le Japon depuis une décennie invoque chez la jeunesse un nouvel état d'esprit, plus que contradictoire : Est-il judicieux de se démener en méprisant la liberté individuelle ? Faut-il jouir du temps présent et être irresponsable ? A la fin du volume 9, Yukino parviendra à un compromis honorable entre étude et loisirs. Cependant elle passera à côté d'un schéma triangulaire : étude, loisirs et Sôichirô.



Au lycée, YUKINO croyait mener sa barque comme elle l'avaitfait depuis toujours. Pour soigner son image, elle ne communiquait avec ses camarades de classe et les adultes, que pour renforcer sa vanité et son égocentrisme. Or elle se retrouve en face d'un sosie : Sôichirô.
Pourquoi s'acharner à être le meilleur ? Depuis l'arrivée de ses soeurs, Yukino a eu un besoin vital de se démarquer, d'attirer les regards. En acceptant le garçon puis ses amies, elle dépassera le cadre fermé de son ego et découvrira un monde inconnu, complètement ignoré jusqu'alors. Quant à Sôichirô, il a vécu une enfance malheureuse, sa ligne de conduite est le témoignage de sa reconnaissance envers ses parents adoptifs. De plus, il veut gommer l'image négative de parents marginaux. Le Kendô sert de soupape de sécurité et retarde l'émergence d'un Sôichirô instable.

Au début, le coup de crayon de Tsuda-sensei est irrégulier. Des erreurs graphiques ou de volume nous rappellent Please Save My Earth. Le fond est privilégié au détriment de la forme. Elle jongle avec les courbes, les lignes brisées. Les textures sont souvent posées à plat, les trames sont utiles sans plus. Les riches dégradés sont rares, ce qui accentue la simplicité du dessin. L'agencement des cases rend la lecture aisée.
Le manga endosse le rôle du psychologue scolaire. Le studio Gainax ne s'y est pas trompé !
 
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