Recherche

OKRecherche avancée »

dans les kiosques

Dans les kiosquesFEUILLETER LE MAG

Partenaires

Articles | cinéma
Le 01/06/2002 par Florian RUBIS

Stormriders

En 1998, le cinéma de Hong Kong se porte mal. Affaibli par la crise asiatique et par le départ de ses plus prestigieuses têtes d'affiche pour Hollywood, il subit aussi de plein fouet la concurrence des blockbusters américains. Pour ramener vers ses productions un jeune public local plus attiré par les dinosaures en images de synthèse de Steven SPIELBERG, la Golden Harvest de Raymond CHOW tente un pari décisif.

À la croisée des films de sabre et d'arts martiaux, de l'Heroic Fantasy et des jeux vidéo, Stormriders devient le grand succès du box-office de Hong Kong durant l'été 1998. Le film synthétise en un peu plus de deux heures l'action de nombreux épisodes de la série BD du même nom du dessinateur chinois MA Wing-shing, au prix de certaines simplifications. Mais il est vrai que tout y est fait pour mettre en valeur, d'abord, le spectaculaire des images qui sont proposées. Dans une Chine médiévale empreinte de magie et de références religieuses ou culturelles propres à l'Asie, le DOMINATEUR (Sonny CHIBA), chef du clan Univers, poursuit une quête de puissance. Celle-ci passe par une maîtrise toujours plus grande des arts martiaux et par l'appropriation d'un certain nombre d'épées fabuleuses. Le BODHISATTVA D'ARGILE (LAI Yu-hung) - personnage divin issu de la tradition bouddhique - lui prédit que, pour réaliser ses ambitions, il doit réunir sous sa coupe VENT (Ekin CHENG) et NUAGE (Aaron KWOK). Le machiavélique DOMINATEUR assassine alors les parents des deux enfants, dont il fait ses disciples, les élevant aux côtés de sa propre fille, HSIAO-TSE (Kristy YANG). Dix ans passent et les jeunes gens sont devenus d'admirables combattants au service du clan Univers. Mais la rivalité amoureuse qui les opposent à propos de HSIAO-TSE les conduira à se dresser contre le DOMINATEUR, qui se prépare par ailleurs à affronter en duel son ennemi SABRE-PREUX (Anthony WONG).

Stormriders restera comme l'une des premières tentatives de l'industrie du cinéma de Hong Kong visant à rivaliser avec les truquages vidéo des grosses productions américaines. Le film est produit par la Golden Harvest, en collaboration avec la firme Centro, spécialisée dans ce domaine d'activité. Il a coûté 10 millions de dollars américains, somme très importante au regard des budgets cinématographiques locaux. Andrew LAU (Wei-keung) a été choisi pour le réaliser, pour son savoir-faire de technicien aguerri par le tournage de la série des Young and Dangerous (1996). Car, comme le montre son générique de fin en forme de making of, Stormriders repose en grande partie sur les effets spéciaux. L'accent est mis en priorité sur des combats dont l'esthétique se réfère directement aux jeux vidéo du type Final Fantasy, aux mangas et à l'anime japonais façon Les chevaliers du Zodiaque. Au point d'emprunter également à de telles sources certains archétypes que l'on n'a pas craint de cultiver. Ainsi, la violence est stylisée au moyen de trouvailles visuelles et de cadrages inattendus qui s'enchaînent à un rythme soutenu. Après le recours à des câbles et à des chorégraphies aériennes, notamment dans les films de Tsui HARK, un nouveau palier est franchi dans l'abandon de tout réalisme dans la représentation des arts martiaux au cinéma. Et tant pis si les transitions entre images de synthèse et séquences live ou si la création de monstres numériques (la créature de feu) demandent à être encore un peu peaufinées pour faire jeu égal avec la concurrence américaine ! On connaît l'habileté des Asiatiques en matière d'imitation des techniques occidentales. Nul doute qu'ils seront rapidement en mesure de surpasser leur modèle... En revanche, les acteurs se retrouvent très souvent contraints de jouer leur scène devant un fond bleu sur lequel est incrusté ultérieurement à l'écran l'univers fantasmagorique dans lequel ils évoluent. Le déploiement d'artifices techniques renforce leur relégation au rang d'icônes désincarnées et un peu lointaines, d'ailleurs au besoin physiquement embellies par des filtres et par la retouche d'image par ordinateur. Malgré cela, Aaron KWOK et Sonny CHIBA parviennent quand même à tirer leur épingle du jeu. L'interprète japonais des films de yakusas de la série des Jingi-naki-tatakai (Combat sans code d'honneur) de Kinji FUKASAKU ou des Streetfighters des années 1970 fait ici son grand retour.
 
0commentaires

    Les commentaires sont fermés

    TOUS LES ARTICLES
    Afficher :
    Classer :