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Le 01/11/2002 par Stephane FERRAND

Cartoonist, la catastrophe 14

Toulon 2002 n’avait pas convaincu, on attendait donc avec beaucoup d’impatience cette édition parisienne de Novembre. Une nouvelle formule inaugurait un nouveau lieu, avec des expositions, des invités, quelques surprises… et un

C'était donc Porte Maillot que le rendez-vous fut pris. Géant architectural certainement très cher, le Palais des Congrès comprend plusieurs étages d'expositions, Cartoonist s'en étant réservé 1 et 1/2. Un fourmillement d'exposants proposait leurs produits sur un premier étage vaste que l'on découvrait au bout d'une interminable file d'attente. D'ailleurs, aucun dégagement n'avait été prévu pour les pré-ventes. Un désagrément qui tourna vinaigre quand l'ouverture tardive d'un guichet pré-vente provoqua une dangereuse bousculade.
Toujours à cet étage, une travée latérale accueillait d'intéressantes expositions de cellulo originaux de St Seiya, de planches du manga Blame ! de NIHEI Tsutomu ainsi que l'exposition de maquettes. Au bout de cette travée, on découvrait un écran projetant des DA japonais. Dans ce Hall d'entrée inconfortable et étrangement isolé, les spectateurs manifestèrent leur incompréhension, ayant bavé d'envie devant les superbes salles fermées à clef attenantes à la travée, qui aurait bien mieux accueilli projections et spectateurs.



Le Second espace était situé un étage au dessus, ou en dessous... en fait on ne sait plus. Par un jeu étrange d'escalator dans lequel beaucoup s'énervèrent, on pénétrait donc dans le "ventre" du festival, composé de deux grandes salles de stands de vente sur environ 1000 m2. Tout au bout, le bruyant espace jeux vidéo accueillait les gamers.
Côté exposants, le grand jeu était sorti. A côté des habituelles boutiques, quelques éditeurs proposaient leurs nouveautés, dont Kaze et Manga Distribution. La presse était de sortie, avec Japan Vibes, Coyote, Japan Mania et un stand FJM où l'éditeur proposait un panel de ses créations, même les plus moralement douteuses. On se demande encore ce qu'un magazine purement pornographique venait faire dans les rayonnages, mais bon. Quelques nouveaux venus ont attiré notre attention, comme le stand Mandarake, dont la société s'implante en France à l'instar du stand Toranuana, le plus grand Dojinshop du Japon. L'ensemble des exposants s'est montré satisfait du salon, ayant bien vendu comme on dit, malgré les habituels vols de tables et de chaises. Mais l'aspect consumériste fut le seul objet de satisfaction de ce salon.



Côté fan, on profitait au premier étage d'un vaste espace regroupant les stands amateurs et les créations de fans. Et pour ainsi dire, on changeait immédiatement d'ambiance. Ici l'on pouvait discuter, rencontrer, découvrir. Des vidéos, des fanzines, des dessins, des T-shirts, objets divers et créations multiples, l'endroit fourmillait d'idées géniales et de personnes motivées. Un succès mérité pour ce choeur de bonnes volontés qui seul battait le rythme de ce salon. On y a découvert entre autres le travail de Fantasy movies qui réalise des clips vidéo mêlant image de DA et musiques occidentales, une nouveauté bien menée, malgré le sempiternel écueil des droits d'auteurs sur lequel on ne saurait jeter la pierre à ce nouveau venu qui n'en tire aucun bénéfice. Un coup de chapeau est à donner également au stand Gotohwan, dont on sait qu'il est consacré entièrement au doublage. Innovation, Gotohwan avait cette année invité des doubleurs professionnels pour une rencontre avec le public. Un événement novateur malheureusement non relayé par le festival. Et bien sûr, on a pu retrouver le concours de dessin, organisé par Nekomix. Mais le grand événement fut la projection des derniers nés de chez France Five et Une case en moins qui tous deux remportèrent un fort succès. Tout un chacun dans le public apprécia ces créations spontanées et la bonne humeur qui les accompagna. Il reste que la majorité des activités proposées l'ont été du fait des participants et non de l'équipe dirigeante de Cartoonist.



Et c'est bien là le problème majeur. Cartoonist semble se désintéresser totalement de ces activités de proximité, conviviales et généreuses. Petit à petit, la marge d'évolution de la partie du staff en charge des activités s'est réduite. Bénévoles pour la plupart, se plaignant de problèmes de communications avec l'équipe dirigeante, ceux-ci ont probablement considéré que ce Cartoonist était un opus de trop pour eux. CHAM, qui présentait le cosplay costumé, s'en explique dans les pages d'Animeland 87. Reste que ce clash est symptomatique du malaise actuel du salon. Cartoonist est en pleine mutation et diverses questions doivent aujourd'hui trouver réponses. Le départ de l'équipe de bénévoles qui fut partie prenante du succès du festival est un tournant. La recherche d'un lieu idéal, fixe, et consenti avec une vision lucide de la fréquentation d'un tel salon, est aujourd'hui un facteur déterminant de stabilité. Mais surtout, Cartoonist doit retrouver une âme, un esprit qui fit sa renommée. Si trop de gens considèrent effectivement que l'on s'est plus rapproché d'une ambiance supermarché que festivalière, ce n'est pas sans raison. Nous n'entendons rien enlever au fait que le salon invite des auteurs japonais ou organise des expositions, ce qui est un de ses aspects positifs, mais assurer un certain nombre d'activités de proximité ou de découverte reste la seule manière de ne pas oublier qu'au coeur du succès de l'histoire de Cartoonist demeure le seul public, qui ne doit pas être seulement considéré comme un consommateur.
 
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