Articles | mangaLe 01/11/2001 par Matthieu PINONDiffract : rencontre avec l'auteur
Le fanzine Atatawata a marqué beaucoup de membres d'animeland.com . Avant une prochaine interview avec toute léquipe (patience, patience...), nous vous proposons ici l'interview de David, l'auteur de Diffract, probablement la BD la plus originale du moment dans le milieu du fanzinat.
AL : David, bonjour. Peux-tu te présenter ?
David : Bonjour, je m'appelle David, j'ai 25 ans, et j'habite à Montpellier où j'exerce le métier de remplaçant de professeur de maths. J'ai rencontré Niko et Joël de Dream On en avril 2001, lors du Cartoonist. Nous avions en commun le désir de lancer un nouveau fanzine de "Mangasses", et nous avons crée Atatawata début 2002. Jusqu'alors, je crayonnais, gribouillais des planches à droite, à gauche. Atatawata a été le support pour faire quelque chose de plus achevé.
AL : Parle-nous de Diffract.
D : Pour résumer,
Diffract c'est l'histoire d'une certaine Ysatis qui, poursuivant un but assez mystérieux, se retrouve mêlée à un groupe de personnes se connaissant de longue date, ayant déjà un passé en commun. Ce sont les conflits internes d'un groupe de mages et de chevaliers dans un monde contemporain.
Mais c'est avant tout une envie de créer puis de laisser vivre des personnages. Je dois bien avouer n'avoir aucun scénario écrit, ni d'histoire pré-établie avec rebondissements, péripéties et révélations pour
Diffract. J'ai simplement la trame générale et je connais la fin... en fait, j'improvise au fur et à mesure les pages. Mon but, avec cette série, est surtout de développer des personnages avec les conflits et les attirances qui se tissent entre eux.
AL : Quelles sont tes inspirations ?
D : À l'origine, je suis un grand lecteur de romans, fan notamment de J.R.R TOLKIEN, qui m'a fait découvrir l'heroïc-fantasy (j'attends le premier des trois films sur
Le Seigneur des Anneaux avec impatience). J'ai toujours lu de la BD franco-belge, mais le choc, la passion, sont venus avec les manga lors de la "déferlante manga". J'ai alors particulièrement accroché à
Appleseed, qui, en étant une oeuvre de fiction, avait le mérite d'être crédible et de présenter des personnages "vrais".
AL : Et du point de vue graphique ?
D : Je suis probablement influencé sans m'en rendre compte par les manga que j'aime, des oeuvres telles que
Assate Dance ou
Amer Béton (qui sont devenues des classiques) pour leur accroche à la réalité. Plus récemment
Blame ! m'a beaucoup impressionné. J'apprécie également énormément des auteurs de comics tels que Mike MIGNOLA (
Hellboy), Jill THOMPSON (
Scary Godmother) et surtout Paul POPE (
THB).
AL : Tu as un traitement du noir et blanc assez original dans le milieu du fanzine...
D : De ce côté là, mes maîtres sont Frank MILLER (
Sin City) et KISHIRO Yukito (
Gunnm) avec
Ashman, une pure merveille. Et MATSUMOTO Tayou (
Frères du Japon), bien sûr.
AL : Dans le dernier numéro d'Atatawata, tu as scénarisé un bonus de Diffract dessiné par Franck FADLOUN. Pourquoi ?
D : On voulait l'intervention d'autres dessinateurs dans le fanzine, pour ne pas se refermer sur nous-mêmes. On avait commencé avec Dara d'Onigiri dans le numéro 2, pour
Followin' the way, et cette fois-ci, c'est Franck qui s'y est collé pour
Diffract et Flo pour
Lunatic to love.
AL : Tu as également participé à Matto, avec une courte BD, Coup de foudre...
D : J'avais déjà une idée de base pour cette BD : retranscrire l'ambiance des concerts des rock... Je me suis ensuite plié à la contrainte des trois pages avec une histoire courte, presque anecdotique. Ça a été très intéressant à faire, d'autant plus que ça a été un tournant dans ma méthode de travail.
AL : Justement, peux-tu nous détailler ta façon de travailler ?
D : Pour
Diffract, je travaille vraiment au feeling : pas de découpage ni de crayonnés. Je pose rapidement les formes au crayon, dessine directement au Rötring puis je pose les ombres à l'encre de Chine et au pinceau. Il me faut ainsi 5 à 6 heures pour faire une planche format A4. Pour
Coup de foudre ça a justement été différent. J'ai soigné le découpage, effectué des crayonnés très poussés... D'ailleurs, il m'a fallu une semaine pour faire ces trois planches !
LA QUESTION 69 !AL : Nous avons désormais une tradition lors des interviews de dessinateurs "amateurs" : ils peuvent eux aussi nous poser une question, s'ils le désirent. A ton tour, donc !
D : Pourquoi faites-vous ces interviews ?
Yann : Je dessine aussi, et je sais comme il est difficile de trouver un éditeur. Si, par le biais d'animeland.com, je peux aider des artistes talentueux à être édités, je n'hésite pas à les faire connaître.
Matthieu : Pour ma part, je m'intéresse au milieu du fanzinat depuis quelques années, et je trouve dommage que la plupart des visiteurs viennent en convention sans même jeter un oeil aux fanzines. De plus, ces derniers temps, des fanzines vraiment originaux se sont détachés du lot : j'espère donc motiver les lecteurs à se pencher un peu plus sur ces revues.
AL : Revenons-en à Diffract. Combien d'épisodes reste-t-il ?
D : Cette version finira dans le numéro 4 d'Atatawata. J'ai actuellement plein de projets, et j'aimerais pouvoir tous les concrétiser au plus vite tout en restant efficace et autant passionné. Cependant je reprendrai Diffract par la suite pour en faire une version plus longue et plus aboutie.
AL : Songes-tu sortir l'histoire en volume relié une fois que sa publication dans Atatawata sera finie ?
D : Oui, c'est prévu ! Pour Cartoonist Toulon sortira un recueil des planches parues dans Atatawata, avec des planches en plus et des illustrations.
AL : Et quelles sont tes ambitions à long terme ?
D : J'aimerais pouvoir faire ça toute ma vie, en étant édité ou en m'auto éditant. Je serais également intéressé par l'illustration de jeux de rôles ou le design de personnages de jeux vidéo. Il y a beaucoup moins de contraintes graphiques que dans le dessin animé, et les univers sont riches et variés.