

Plus que toute autre activité, peut-être même la venue d'invités japonais, le cosplay est LE phénomène du salon Cartoonist... et l'édition parisienne a su briller de par sa qualité.
Tout était réuni pour faire de ce cosplay un moment inoubliable : un public survolté et déjà tout acquis aux prestations à venir (certains ont patienté plus de trois heures dans la salle pour avoir une place de qualité), un amphithéâtre d'environ un millier de places, et surtout des cosplayers inventifs et prêts à tout donner pour le spectacle. Spectacle présenté comme d'habitude par CHAM, qui, par respect pour les cosplayers, se déguise lui aussi. Après une Maya l'abeille qui descendait du ciel, c'est sous les traits de la princesse Saori qu'il anima les deux heures de show.Point non négligeable du cosplay : la mise en scène. Au fil des ans, les participants ont su offrir de vrais jeux de scène au public, plus qu'un défilé de personnages. Cette convention a encore repoussé les limites ! Le groupe Shaman King finissant sa prestation sur un combat avec armes enflammées ;un groupe X réunissant pas moins de 17 cosplayers (afin d'incarner les deux équipes ennemies) aux costumes soignés ; un groupe Lady Oscar résumant en cinq minutes (et sans paroles) toute la série... Du pur bonheur ! Ce phénomène s'amplifie d'année en année, au détriment des cosplay individuels : il est plus difficile de monter un jeu de scène tout seul. Ainsi, cette année, 80% des participants s'étaient inscrits en groupe !
L'humour, toujours l'humour !
Ce fut le maître-mot de ces deux heures. Prouvant par ce biais qu'ils avaient du recul sur le cosplay et l'animation en général, les participants se sont fait un plaisir de détourner leurs séries préférées (Angel Sanctuary, Lodoss) ou à récupérer des idées au fond de vieux placards poussiéreux. Dans ce dernier cas, l'effet nostalgique joint au second degré crée une ambiance jubilatoire. Il fallait entendre la salle exploser de rire devant un Musclor bronzé arborant fièrement une moumoute blonde digne des années 70, devant un groupe Scoubidou kitschissime ou encore avec le dernier groupe, hors-compétition car faisant intervenir des organisateurs, qui nous interpréta un mini-concert Jem. L'ambiance fut donc extrêmement chaude, bon enfant, ponctuée par des roues (références aux tout premiers cosplays) que l'on n'avait plus vues depuis longtemps.
Et pourtant...
Tout était donc réuni pour avoir le plus beau cosplay jamais vu. Néanmoins, deux défauts de taille se sont fait sentir. Le premier, inhérent au reste du festival, fut la gestion du public. Les deux amphithéâtres étaient pleins à craquer bien avant le début du cosplay (qui était retransmis dans le petit amphi), et la sécurité a pourtant bloqué les portes de l'espace Expositions. Au final, bien des visiteurs auront été frustrés de n'en rien voir, mais surtout un bouchon digne d'un périphérique aux heures de pointe s'est produit lors de la sortie !
L'autre point négatif partait pourtant d'une bonne intention : afin de ne pas prendre trop de retard comme il l'avait fait bien souvent, le Cartoonist a décidé de limiter le nombre d'inscriptions. Au final, le cosplay aura duré une heure de moins que prévu, en ayant refusé des participants. Il n'était pourtant pas difficile de connaître la limite exacte d'inscriptions, sachant que les prestations sur scène étaient limitées en temps.
Ces défauts d'organisation dont on a pourtant pris l'habitude ont eu un impact bien plus important cette fois-ci, car ils ont réellement gâché ce qui aurait pu être un chef d'oeuvre.

